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Une touche des Cranberries

Une touche des Cranberries
Photo courtoisie, Dragos Chiriac

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C’est loin d’être un hasard si une relecture de Zombie a trouvé sa place sur le nouveau EP de Ghostly Kisses, The City Holds My Heart puisque les Cranberries constituent, qu’elle le veuille ou non, une influence majeure de son alter ego musical.

Une voix douce sur une musique abrasive : voilà « l’image globale » que Margaux Sauvé avait en tête quand elle a créé Ghostly Kisses, il y a quelques années, sans trop s’imaginer qu’elle était influencée par la recette à succès de la formation irlandaise dont les chansons ont bercé son enfance.

Sauf que sur le premier EP de Ghostly Kisses, What You See, sorti en mars 2017, le contraste recherché se perdait dans une facture plus électronique.

Pour The City Holds My Heart, Margaux Sauvé a donc opté pour une instrumentation plus organique et pendant qu’elle travaillait sur ses nouvelles pièces, elle a appris la nouvelle de la mort de la chanteuse Dolorès O’Riordan.

« Quand elle est décédée, j’ai replongé dans la musique des Cranberries. Nous étions dans le processus de création du EP et on allait chercher un son dont elle était une influence, encore plus que je ne le croyais. Quand j’étais jeune, la première fois que j’ai entendu Zombie, j’avais été marquée par sa belle voix douce, super féminine, sur un fond edgy. »

Indépendante

L’artiste de Québec a fait parler d’elle, il y a deux ans, quand ses chansons de pop éthérée Such Words (2,8 M) et Empty Note (3 M) ont cartonné sur Spotify.

Malgré ces alléchantes statistiques – et même si elle souhaite pouvoir un jour chanter partout dans le monde – Margaux Sauvé a conservé son indépendance. Elle a jusqu’ici refusé la seule offre formelle d’une maison de disques.

« Je sentais que ce n’était pas le bon moment. Pour l’instant, j’aime fonctionner de façon indépendante. Ça me permet d’apprendre beaucoup. On verra éventuellement s’il y a une opportunité que je ne peux manquer. »

Un autre million ?

Est-ce qu’un des cinq morceaux de The City Holds My Heart pourra à son tour fracasser la barre du million sur Spotify ? Pour l’instant, la chanson qui a donné le titre au EP est la plus populaire parmi les nouveautés à près de 200 000 écoutes. Encore loin du million.

« Sur le coup, quand on l’a sortie, j’ai réalisé que c’était pas la même chose. J’ai l’impression que c’était peut-être un peu plus facile de se rendre sur les listes de lecture, il y a deux ans. Mais tranquillement, ça repart. »

Ainsi, Touch, le second extrait, s’est déniché une place de choix sur la liste All New Indie, qui compte 900 000 abonnés.

« Et on a eu d’autres beaux placements depuis la sortie du EP », se réjouit Margaux Sauvé.

The City Holds My Heart est disponible depuis le 23 novembre.

Questions à Margaux Sauvé

Est-ce que le succès remporté sur Spotify t’a imposé une pression d’obtenir les mêmes résultats quand tu as sorti de nouvelles chansons ?

« Je me suis surtout mis une pression personnelle de faire d’autres chansons rapidement. Sauf que je me suis vite rendu compte que ça allait prendre du temps. De la façon dont on a décidé de faire cette nouvelle série de chansons, on ne pouvait pas aller vite. Ça ne servait à rien de sortir quelque chose le plus vite possible. »

Quelles sont les principales différences entre What You See et The City Holds My Heart ?

« Sur le premier, j’ai travaillé avec Dragos Chiriac et nous avions une approche plus électro, planant. Les tempos étaient plus lents. Cette fois, avec Louis-Étienne Santais (moitié du duo Fjord), on a opté pour des tempos plus rapides pour aller chercher plus de profondeur dans les arrangements et les instruments. Sur The City Holds My Heart, il y a plus d’instruments organiques enregistrés dans le studio, chose qu’on ne faisait presque pas avant. »

Pourquoi c’était important d’aller dans cette direction ?

« T’sé, on change. Et j’apprends tout le temps. En fait, je sentais que le premier EP manquait de chaleur. Pour moi, en tout cas. Sur le nouveau, je suis allée chercher plus de vibrations. »

Il y a une raison derrière ton choix de sortir des EP au lieu d’un album complet ?

« Aujourd’hui, les gens consomment la musique différemment et ça me plaît de sortir un EP. Ça me permet probablement de partager plus de musique. Depuis que je fais Ghostly Kisses, ça n’a jamais été une option envisagée. J’ai toujours connu l’option les chansons une à la fois ou via un EP. »