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Fermetures de restos en série au Vieux-Port

Le comptoir La Serre, exploité par le Laurie Raphaël, est le quatrième à cesser ses activités en 2 semaines

Ouvert en 2016 dans le Vieux-Port de Québec, le comptoir santé La Serre a fermé le 22 décembre dernier, a confirmé la direction par écrit, dimanche, tout en se disant en réflexion quant au « futur » de la marque associée aux jus et aux repas santé.
Photo Didier Debusschère Ouvert en 2016 dans le Vieux-Port de Québec, le comptoir santé La Serre a fermé le 22 décembre dernier, a confirmé la direction par écrit, dimanche, tout en se disant en réflexion quant au « futur » de la marque associée aux jus et aux repas santé.

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La série noire des fermetures de restaurant se poursuit dans le Vieux-Port de Québec. Le comptoir santé La Serre a cessé «définitivement» ses activités, a appris Le Journal, portant à quatre le nombre d’établissements qui ferment en moins de deux semaines dans ce quartier.  

Les difficultés de recrutement ont eu raison du concept qui est né il y a deux ans et demi sur la rue Dalhousie et qui était exploité par le Laurie Raphaël.    

Comme le Brigantin, le Toast ! et le SSS au tournant de la nouvelle année, le comptoir santé «a cessé définitivement ses activités depuis le 22 décembre», a affirmé la direction de La Serre dans une communication écrite, dimanche.    

Les responsables de l’établissement expliquent que «vu les problèmes d’acquisition et de rétention de la main-d’œuvre spécialisée, l’entreprise ne rencontre pas le défi de rentabilité qui est déjà très difficile dans cette industrie».    

À la Pyramide aussi  

La Serre a ouvert en mai 2016 dans les deux anciens salons privés du Laurie Raphaël, alors que ce dernier venait de recevoir une cure de rajeunissement majeure.    

C’est d’ailleurs Élyse Bordeleau, conjointe de Raphaël Vézina, copropriétaire du Laurie Raphaël avec son père, Daniel Vézina, qui en est devenue la directrice des opérations.    

L’entreprise venait d’ouvrir une deuxième succursale à la Pyramide de Sainte-Foy, il y a environ quatre mois. Elle est aussi fermée, a constaté Le Journal dimanche.    

Le comptoir santé offrait des jus pressés à froid, des lunchs à emporter, des smoothies, des laits et d’autres collations santé.    

Standards de qualité  

«Notre volonté de maintenir nos standards de qualité nous a obligés à cesser nos activités afin de ne pas décevoir notre clientèle», a précisé la direction de La Serre.    

La marque de commerce n’est pas morte pour autant et pourrait connaître une deuxième vie, laisse-t-on entendre.    

«La direction souhaite prendre le temps de réfléchir, de revoir et d’évaluer ses options pour le futur de la marque [...] dans les prochains mois», a-t-elle mentionné.    

Fermetures successives  

En tout, ce sont donc quatre commerces de restauration qui ont fermé dans un rayon de moins de 500 mètres à proximité des quais du port de Québec.    

Comme l’a d’abord écrit Le Journal, Le Brigantin a accueilli ses derniers clients le 31 décembre dernier, 20 ans après sa fondation, les propriétaires s’avouant épuisés par le manque de main-d’œuvre.    

Le lendemain, les associés Stéphane D’Anjou et Christian Lemelin mettaient eux aussi la clé sous la porte du Toast ! et du SSS pour des raisons personnelles.    

À cela s’est ajouté le départ de Monique Pelletier, restauratrice depuis 36 ans sur la rue Saint-Paul, qui a cédé le Café Saint-Malo, à la fin de l’année 2018, à de nouveaux propriétaires après des années «difficiles», faute de personnel adéquat en cuisine.    

«Une tempête parfaite», s’inquiète Jean Rousseau    

  

Les fermetures en série dans le quartier du Vieux-Port préoccupent le conseiller municipal du secteur, Jean Rousseau, qui entend se pencher sur cette problématique dès cette semaine.    

«Le phénomène est fort. J’ai des échos à ce sujet-là. C’est le retour, cette semaine, sur la scène politique. C’est clair que je vais rencontrer les restaurateurs et aussi les commerçants, parce qu’il y a comme des vents contraires qui ne sont pas positifs», s’inquiète M. Rousseau.    

Plusieurs restaurateurs sont partis avec un savoir-faire important, ayant des décennies d’expérience dans le domaine.    

«Il semble y avoir une tempête parfaite qui se prépare en lien justement avec les défis d’offrir un service de bonne qualité, comme ces établissements en offraient», observe l’élu de Démocratie Québec, qui croit que le problème est plus profond que la seule pénurie de main-d’œuvre.    

«C’est un environnement compétitif. Il y a les loyers qui sont chers. Et il y a un défi à recruter et à conserver une main-d’œuvre», énumère-t-il. Il suggère de revoir à la baisse les taxes foncières pour certains types d’immeubles, question de donner un répit aux restaurateurs.    

Le conseiller municipal craint par ailleurs que la disparition sous sa forme actuelle du Marché du Vieux-Port, qui deviendra un marché saisonnier et qui perdra 90 % de sa superficie, aille «fragiliser davantage» l’économie du secteur.    

«Circonstanciel»  

De son côté, le président de l’Association des gens d’affaires du Vieux-Port de Québec affirme que la situation n’est pas si «dramatique» qu’elle y paraît.    

«Il y a des cycles dans la vie économique. On a vu la même chose sur Grande Allée. [...] C’est circonstanciel et anecdotique», assure Robert Plamondon, soulevant que le manque de travailleurs se vit partout dans la région.    

Selon lui, des repreneurs se sont manifestés pour au moins deux établissements fermés, qui pourraient donc accueillir, dans les prochains mois, de nouveaux restaurants.    

«Quelque part, c’est presque positif dans la mesure où il va y avoir des repreneurs, une nouvelle énergie», dit-il, s’avouant même «enthousiaste». Il ajoute que le quartier compte à lui seul au moins 14 permis de restauration avec vente d’alcool.