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L’ABC pour se constituer un fonds d’urgence

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Illustration Adobe Stock

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Bien que le taux d’endettement des familles canadiennes se soit stabilisé au dernier trimestre de l’année, il est tout de même à 177,4 %. Cela signifie qu’en moyenne, les citoyens du pays ont une dette d’environ 177 $ (marges, cartes de crédit et hypothèques) pour chaque tranche de 100 dollars de revenus que leur ménage gagne.

Il suffirait donc d’une petite étincelle économique, comme un ralentissement du nombre d’heures travaillées en 2019, pour que de nombreuses familles se rapprochent de l’insolvabilité. Et pour ajouter un peu plus d’incertitude, une récession nord-américaine pourrait bien nous toucher d’ici 12 à 18 mois.

Pour atténuer les effets ou, encore, juste pour vous donner une marge de manœuvre, assurez-vous d’avoir un fonds d’urgence suffisamment garni.

De trois à six mois de dépenses

D’ordinaire, pour un salarié, on va recommander qu’un fonds d’urgence adéquat contienne en épargne l’équivalent de trois à six mois de dépenses courantes. Par exemple, si vos obligations fixes et dépenses du mois totalisent 2500 $, alors il vous faudra entre 7500 $ et 15 000 $ de côté. Pour les travailleurs saisonniers et les travailleurs autonomes, six mois d’économie représentent à mon avis un minimum.

Afin de moduler le montant nécessaire, plusieurs variables doivent être considérées. Il faut tenir compte des points suivants :

  • Prêts et marges assurés
  • Assurance maladie complémentaire
  • Assurance couvrant l’hypothèque
  • Admissibilité à l’assurance emploi
  • Couverture d’assurance invalidité
  • Nombre de personnes composant le ménage
  • Stabilité des revenus, etc.

Votre fonds d’urgence ne doit pas se trouver dans votre compte bancaire d’opérations, mais bien en sûreté dans un compte spécialement dédié à la prévoyance.

Où placer son fonds d’urgence ?

Ici, il ne s’agit pas de faire des investissements, mais bien de « dépôts ». L’objectif n’est pas de faire fructifier au maximum cette épargne, mais plutôt de protéger vos arrières. Ces sommes d’argent doivent être placées en sécurité et disponibles en tout temps, sans entrave, ni frais, ni pénalité. Vous ne pouvez donc pas les déposer n’importe où et n’importe comment.

Les comptes bancaires à haut rendement sont parfaits pour cela. Ne vous contentez pas de moins de 1,5 %. Les fonds de type marché monétaire et les CPG rachetables sont aussi valables. Vous devrez éviter tous les investissements pouvant subir une variation de valeur, comme les actions en bourse, les fonds équilibrés et de revenus, les FNB, les obligations, les CPG liés aux marchés et tous autres produits non rachetables avant terme.


♦ Fabien Major est conseiller en épargne collective pour Major Gestion Privée Inc. de Gestion financière Assante ltée.

 

Conseils

  • Avant que l’économie ne ralentisse, payez vos dettes coûteuses (dont le taux d’intérêt est le plus élevé)
  • Dotez-vous d’un fonds d’urgence bien garni
  • Il doit contenir de trois à six mois de dépenses courantes
  • Votre fonds d’urgence ne doit pas être accessible via votre carte de guichet
  • Un compte d’épargne à haut rendement fait l’affaire
  • Des banques virtuelles et compagnies d’assurances offrent des taux garantis et protégés de 1,5 % et plus
  • Les CPG non rachetables, les actions et fonds équilibrés ne conviennent pas