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L’anxiété, ennemie numéro un des cégépiens

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Le passage de l’école secondaire vers le cégep peut être difficile pour certains jeunes et l’anxiété en est la grande responsable, conclut une étude québécoise sur le sujet.  

L’équipe du chercheur Simon Larose, de la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval, a mené une vaste enquête auprès de 1405 jeunes Québécois. L’objectif était de mieux comprendre les facteurs qui rendent difficile la transition entre le secondaire et le cégep.  

Le résultat a été étonnant, affirme M. Larose : l’anxiété est le facteur qui «arrive en tête de liste et de loin», lance-t-il.  

L’anxiété pèse lourd dans la balance des difficultés d’adaptation vécues au collégial, peu importe le type de problème, qu’il soit d’ordre scolaire, social ou émotionnel, précise le chercheur.  

«C’est l’anxiété ressentie par les jeunes qui augmente le risque qu’ils vivent de plus en plus de problèmes une fois rendus au cégep», affirme-t-il.  

Les difficultés d’adaptation au cégep sont clairement liées au décrochage, diminuant les chances que l’étudiant parvienne à obtenir son diplôme, ajoute le chercheur.  

Les jeunes qui ont participé à cette enquête ont été sondés pendant quatre années consécutives, à partir de la quatrième année du secondaire jusqu’à la deuxième année du cégep, une première en matière de recherche sur ce sujet d’étude.  

Déjà présents  

Cette méthodologie a permis de constater que les symptômes anxieux sont déjà présents chez des jeunes à la fin du secondaire. «Les difficultés ont commencé bien avant l’arrivée au cégep», souligne M. Larose. D’où l’importance de mettre en place des mesures pour aider les jeunes à gérer leur anxiété dès l’entrée au secondaire, pour éviter que les problèmes ne s’accentuent au cégep.  

«Les écoles privées misent beaucoup sur l’image, sur la performance. Ça crée beaucoup d’anxiété et ça peut faire en sorte que la transition peut être de plus en plus difficile», affirme M. Larose.  

Mythe et réalité  

Cette étude a par ailleurs permis de démontrer que le «choc» appréhendé par l’entrée au cégep relève davantage du mythe que de la réalité.  

La grande majorité des jeunes ont une trajectoire stable, explique le chercheur : ceux qui vivaient des problèmes sur le plan émotif ou social au secondaire sont toujours en difficulté au cégep, alors que ceux qui n’ont pas eu de problèmes d’adaptation au secondaire n’en ont pas plus au collégial.