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Canadien: Bergevin a bravé la tempête, mais...

Canadien: Bergevin a bravé la tempête, mais...
Martin Chevalier / JdeM

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Ce qu’un environnement positif peut faire. C’est le bon vieux Marc Bergevin que je connais qui s’est présenté devant les journalistes, avant le match d’hier soir, pour tracer le bilan de première moitié de saison de son équipe. D’entrée de jeu, il a fait des blagues. Il semblait tout à fait détendu. Rien à voir avec l’homme qui était tendu comme une barre de fer l’an dernier.  

Bien sûr, il reste beaucoup de hockey à jouer. Le Canadien a encore 39 matchs à son calendrier. Bergevin se garde bien de rire dans sa barbe. Rien n’est gagné. Le Tricolore devra travailler d’arrache-pied pour obtenir un laissez-passer pour les séries éliminatoires.  

 Tout ce qu’on peut souhaiter, c’est qu’il soit dans la course jusqu’à la fin de la saison régulière. Une participation aux séries serait un boni qu’on n’osait même pas espérer. Ce serait une belle réalisation. Mais ce serait trop peu aussi dans cette ville où on s’attend toujours à ce qu’il y a de mieux de son équipe de hockey.  

 Content de l’acquisition de Tatar  

 Or, comme les entraîneurs aiment nous le rappeler, il faut apprendre à marcher avant de courir. On peut dire que le Canadien a usé beaucoup de souliers ces dernières décennies.  

Assez pour que les amateurs se sentent blasés de voir l’organisation avancer à tâtons, l’an dernier.  

Pour la première fois depuis qu’il est propriétaire, Geoff Molson a haussé le ton. Bergevin s’est senti sous pression. Il savait qu’il devait apporter des changements pour montrer à son patron, aux abonnés de saison et aux amateurs que les choses ne pouvaient plus continuer de la sorte.  

Des têtes ont roulé au sein du personnel d’entraîneurs. Des joueurs sont partis, notamment Max Pacioretty et Alex Galchenyuk. Des nouveaux sont arrivés, comme Max Domi et Tomas Tatar, que Bergevin a identifiés comme une addition satisfaisante, hier soir.  

Sans compter que le jeune Nick Suzuki et un choix de deuxième ronde au repêchage de juin prochain se sont amenés avec Tatar dans cette transaction qui a envoyé Max Pacioretty à Las Vegas.  

Bergevin n’aurait pu effectuer ces transactions durant la saison.  

 « De nos jours, les équipes se bâtissent en juin et en juillet », a-t-il dit avant le match entre le Canadien et le Wild du Minnesota.  

 « Il ne se fait plus de transactions pendant la saison, a-t-il répété. On a mal amorcé la saison, l’an dernier. Il y avait des problèmes, et je voyais où on s’en allait. C’était difficile à gérer dans ce contexte. »  

 L’effet Weber  

Bergevin s’est retrouvé dans une sorte de tempête qu’il n’avait jamais expérimentée jusque-là. Les coups venaient de partout. Sa tête était sur le bûcher, prête à être coupée par les amateurs mécontents. Geoff Molson l’a gracié, mais il se disait probablement qu’il jouerait son poste cette année.  

Pour bon nombre d’observateurs et de partisans, la relance passait par une refonte en profondeur. Bergevin s’y est opposé. Dans son esprit, il y avait encore quelque chose à faire avec plusieurs des éléments en place.  

 « Je savais qu’on aurait une meilleure équipe », a-t-il affirmé, hier.  

 « On a du caractère, cette année. On remporte plusieurs matchs en revenant de l’arrière. Je suis fier de ça.  

 J’avais oublié aussi ce que c’était que d’avoir Shea Weber dans la formation. Aucune équipe ne peut se permettre de perdre ce type de joueur longtemps. Quand je regarde dans la ligue, je constate que les équipes qui perdent un ou des joueurs clés pendant une longue période en sont affectées. »  

 Price : la décision à prendre  

Tout demeure fragile à ce stade-ci. Les blessures à des joueurs importants sont ce que Bergevin craint le plus pour la deuxième moitié de saison. On l’a vu avec Weber hier.  

L’état de santé de Carey Price est sans doute sa première source de préoccupation. La décision de lui faire sauter le match des étoiles était une option que le gardien et la direction du Canadien devaient prendre.  

La brigade défensive est le talon d’Achille de l’équipe. Le groupe de défenseurs n’est pas supérieur à celui de la saison dernière, que Bergevin avait catalogué de meilleur que l’année précédente.  

On se rappelle cette déclaration, n’est-ce pas ?  

Il ne reste plus que quatre des huit défenseurs qui avaient commencé la saison à l’automne 2017. Ce sont Jeff Petry, Jordie Benn, Karl Alzner, qui n’est plus ni moins devenu qu’une parure, et Weber. Mark Streit est reparti aussi vite qu’il était revenu. Joe Morrow a été échangé. Brandon Davidson a été réclamé au ballottage et David Schlemko pourrait se retrouver à Laval, aujourd’hui.  

Il y aura probablement un marché pour les défenseurs au cours des semaines qui mèneront à la date limite des transactions, le 25 février. Mais Bergevin a affirmé qu’il ne sacrifierait pas un espoir pour une solution à court terme.  

Il faudra attendre que Victor Mete et Noah Juulsen atteignent leur potentiel.  

Au cours des deux dernières semaines, Bergevin a vu, au Championnat du monde junior, quelque chose de très intéressant chez Alexander Romanov, choix de deuxième ronde du Canadien en juin dernier.  

Quelqu’un a déjà dit que l’avenir est dans le futur. C’est ce que le Canadien nous vend depuis le début des années 2000.  

Depuis le temps que vous attendez, c’est à souhaiter que vous soyez enfin récompensés dans la décennie des années 2020.