/news/politics
Navigation

Consultation sur les frais scolaires : une consultation bâclée selon l’opposition

Consultation sur les frais scolaires : une consultation bâclée selon l’opposition
Photo d'archives, Simon Clark

Coup d'oeil sur cet article

Des partis d’opposition estiment que la consultation publique sur les frais chargés aux parents lancée par Québec rate la cible. 

Le ministère de l’Éducation invite présentement les citoyens à se prononcer en ligne sur les coûts reliés à l’école publique, en vue de «dégager un consensus social» qui permettra d’élaborer des «balises claires» dès la prochaine rentrée. Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a déjà indiqué que le premier projet de loi qu’il déposera cet hiver portera sur cet enjeu.

Les citoyens sont invités à choisir parmi une liste des principes qui devraient s’appliquer dans différentes situations (voir encadré). 

Au Parti libéral, la députée Marwah Rizqy considère qu’il s’agit d’un exercice bâclé qui «va créer de la confusion». Les participants doivent se prononcer sur des éléments qui doivent déjà être fournis gratuitement par l’école selon la Loi sur l’instruction publique, indique-t-elle, alors que ce choix n’est pas clairement spécifié dans les choix de réponses.

Mme Rizqy considère par ailleurs que les programmes particuliers du réseau public devraient être gratuits afin que tous les enfants, y compris ceux de milieux défavorisés, aient la même chance de réussir à l’école.

Même son de cloche de la part de la députée de Québec solidaire, Christine Labrie, qui estime que le coût élevé de certains programmes particuliers du réseau public nuit à l’égalité des chances.

« C’est une bonne idée de consulter les citoyens et citoyennes, affirme Mme Labrie. Le problème, c’est que la consultation est vraiment orientée. Ce n’est pas sérieux de consulter les gens sur les frais scolaires en évacuant pratiquement l’hypothèse de la gratuité. Notre système d’éducation est le plus inégalitaire au Canada et ce qu’on comprend, c’est que le gouvernement de la CAQ n’a malheureusement pas l’intention de corriger la situation», 

Du côté du mouvement Je protège mon école publique, sa porte-parole Pascale Grignon estime aussi que les choix de réponses risquent de semer la confusion chez les parents. «Oui, ça devrait être plus clair. L’option de la gratuité devrait être clairement présentée dans les choix», affirme-t-elle.

Il n’a pas été possible hier d’obtenir les commentaires du Parti québécois à ce sujet.

Au cabinet du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, on précise que l’objectif de cette démarche est de prendre en compte l’opinion de la population afin d’en arriver à dissiper le flou entourant certains frais chargés aux parents, pour éviter d’autres recours juridiques.

Au printemps dernier, les commissions scolaires ont convenu de rembourser 153 millions $ aux parents pour des frais facturés en trop, à la suite d’une action collective intentée par une mère de Saguenay. 

Exemples de questions soumises dans le cadre de la consultation 

Quels sont les deux principes qui devraient s’appliquer en priorité pour les énoncés suivants :

Les services supplémentaires organisés dans le cadre des projets particuliers (sports-études, arts-études, éducation internationale ou tout autre concentration)

  • Tous les élèves doivent y avoir accès.
  • La décision doit se prendre à l’échelle de l’école.
  • On doit réduire les effets sur l’environnement et éviter le gaspillage.
  • Le coût doit être le moins élevé possible et correspondre aux frais réels.
  • L’application doit être la même dans toutes les écoles publiques.
  • Ce service ou ce bien pourrait occasionner certains frais.
  • Une opération administrative ne devrait pas occasionner de frais.
  • Je ne sais pas.Autre principe? Précisez.

Les outils technologiques généralement coûteux (licence de logiciels, ordinateur portable, tablette électronique, etc.)

  • Tous les élèves doivent y avoir accès.
  • La décision doit se prendre à l’échelle de l’école.
  • On doit réduire les effets sur l’environnement et éviter le gaspillage.
  • Le coût doit être le moins élevé possible et correspondre aux frais réels.
  • L’application doit être la même dans toutes les écoles publiques.
  • Ce service ou ce bien pourrait occasionner certains frais.
  • Une opération administrative ne devrait pas occasionner de frais.
  • Je ne sais pas. Autre principe? Précisez.

Pour accéder à la consultation en ligne, cliquez ici