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Quel ennui que ces Golden Globes!

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Quand je pense qu’après chacun de nos galas – ceux des Gémeaux en particulier –, il se trouve toujours des commentateurs pour les descendre en flammes. Sans compter les obsédés des réseaux sociaux qui les pourfendent sans pitié.

J’espère que tous ces pisse-vinaigre ont regardé le gala des Golden Globes dimanche soir. Si oui, ils auront constaté comme moi que nous sommes loin d’avoir l’exclusivité des galas médiocres et sans éclat.

Plus soporifique que ce gala des Golden Globes, tu meurs ! Pourtant, Andy Samberg est un humoriste chevronné dont Saturday Night Live a bien exploité le talent durant quelques saisons. Quant à Sandra Oh, qui animait le gala avec lui, elle a eu de bons moments, mais l’un et l’autre semblaient porter plus d’attention au télésouffleur qu’à l’auditoire lui-même. Comme s’ils marchaient sur des œufs.

Les animateurs ont commencé par s’adresser à quelques vedettes présentes dans la salle, mais au lieu d’être « vaches », ils avaient choisi de les couvrir d’éloges et de mots bienveillants. Ce fut moins réussi que la bonne vieille tradition du « bitchage ».

LA PAGE EST TOURNÉE

Les animateurs comme les présentateurs et tous ceux qui sont venus remercier se sont comportés comme si le gala précédent n’avait jamais eu lieu. Vous vous souvenez de ce gala solennel et grave de l’an dernier alors que la plupart des femmes présentes, sinon toutes, portaient des vêtements noirs pour souligner la nouvelle ère que venait d’ouvrir de façon fracassante le mouvement #me too ?

Dimanche soir, on a tourné la page. Tout a été oublié. Pas de vêtements noirs, pas d’allégations, aucun sous-entendu, pas un mot qui aurait pu rappeler le séisme Harry Weinstein ayant fait trembler Hollywood et toute la planète du spectacle.

L’actrice Patricia Clarkson fut la seule à y faire allusion dans ses remerciements, mais de façon si discrète que je ne l’aurais peut-être pas remarqué si son propos n’avait visé Jean-Marc Vallée, le plus célèbre et le moins « people » de nos réalisateurs québécois.

S’adressant directement à Vallée qui a réalisé Sharp Objects (Sur ma peau), Patricia Clarkson (elle a gagné le trophée du rôle de soutien pour cette série) a dit : « Tu m’as tout demandé pour ce rôle, sauf du sexe, ce qui est exactement comment les choses devraient toujours se passer dans notre industrie ! »

Par les temps qui courent et dans le climat de suspicion déclenché par le mouvement #me too, ce n’est pas un mince compliment.

BREF MOMENT D’ÉMOTION

Le seul moment de véritable émotion a failli passer dans le beurre. Devenant soudain très sérieuse et regardant droit dans les yeux les interprètes de Crazy Rich Asians et de Black Panther, Sandra Oh a déclaré sur un ton grave qu’elle voyait enfin « le vrai visage du changement ».

Pour une fois, en effet, la diversité dont les galas de cinéma ou de télévision se vantent (pas toujours de manière convaincante) n’incluait pas uniquement des Noirs, mais des actrices et des acteurs asiatiques et africains. Madame Oh était la personne toute désignée pour le souligner. Bien qu’elle soit née à Ottawa, ses parents sont d’origine coréenne.

Dimanche, Sandra Oh a remporté un Golden Globe pour son rôle d’Eve Polastri dans Killing Eve. Elle a été malgré tout la meilleure des deux vedettes à l’animation.