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100 jours... et une ministre plus tard

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Le 1er octobre 2018, François Legault et son parti écrivaient une page d’histoire du Québec moderne. En fait, il s’agissait de la toute première page d’une nouvelle histoire. Et la dernière page du prologue aura été ternie hier par la décision du premier ministre d’expulser MarieChantal Chassé de son Conseil des ministres.

Stratégie discutable

Pourquoi avoir annoncé cette décision hier après-midi, contre toute attente ? S’il faut noter que monsieur Legault n’aura pas hésité à bouger plutôt que de s’entêter à avoir raison, il n’en demeure pas moins que celui-ci vient carrément bousiller le bilan de ses 100 premiers jours. De l’avis général, l’entrée en matière du gouvernement Legault était somme toute positive. D’ailleurs, il suffit de relire ce qui a jadis été écrit sur la première centaine de l’époque Couillard, ou pire encore sur les débuts chaotiques de l’éphémère gouvernement Marois, pour réaliser que la performance du nouveau gouvernement était digne de mention. Pas sans taches, mais quand même.

La journée d’aujourd’hui aurait donc dû être une promenade dans le parc pour la CAQ. Vous mettez les deux pieds sur la bavette du poêle et vous écoutez les analystes chanter vos louanges. Ce qui est rare, très rare, pour un gouvernement. François Legault aura sciemment porté ombrage à cet exercice.

Au-delà de la question du mauvais « timing », il faut également reconnaître que cette décision constitue un immense aveu d’échec pour le premier ministre. Celui qui voulait donner l’impression que l’environnement serait désormais au cœur de ses priorités avait décidé de confier les rênes de cet important ministère à une néophyte. En matière d’environnement, tout comme en politique, madame Chassé n’y connaissait que dalle. Ce qui était d’abord un pari risqué se transforma rapidement en bombe à retardement, qui aura finalement sauté au visage du premier ministre.

Parité maudite

Il est impossible d’analyser l’échec Chassé sans parler de parité. L’élue de Châteauguay aurait peut-être pu devenir une ministre respectable, après avoir appris tout d’abord son rôle de députée et s’être acclimatée à la jungle politique et parlementaire. Malheureusement, il est permis de croire que l’obsession de la parité aura tôt fait de la propulser au Saint des Saints. Dans la même veine, le nouveau ministre de l’Environnement, Benoit Charrette, possédait toutes les qualités et les états de services pour se voir confier un ministère. Mais cette satanée parité aura une fois de plus laissé des traces. Comme Jean Charest, Pauline Marois et Philippe Couillard avant lui, François Legault comprend désormais qu’il est souhaitable de se concentrer sur la zone paritaire, plutôt que d’effectuer des choix imposés.

Bilan

Alors, ce bilan ? Il demeure bon dans l’ensemble. Les 24 dernières heures ne viennent pas tout effacer. Les Québécois semblent satisfaits de leur nouveau gouvernement. Lors de la campagne électorale, il y avait ce sentiment ambiant d’un vote par dépit. N’importe qui, sauf les deux vieux partis. Or, aujourd’hui, on sent que les électeurs sont contents, voire même fiers de leur choix. N’empêche que, hier, ils ont eu la preuve que leur premier ministre n’est pas parfait.