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22 ans, réfugiée syrienne et brillante étudiante en génie aérospatial

22 ans, réfugiée syrienne et brillante étudiante en génie aérospatial
Dominick Gravel/Agence QMI

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Une jeune Syrienne, qui a fait partie de la première vague de réfugiés à avoir fui la guerre civile vers le Canada en 2015, vient d’inventer un appareil qui permet de produire de l’électricité pour charger des appareils électroniques et refroidir la cabine d'avions Cessna en vol.

Shoushi Bakarian est arrivée à Montréal il y a un peu plus de trois ans, mais lorsqu’elle parle en français et explique ses études universitaires pour devenir ingénieure, elle semble être née ici. Difficile de croire qu’une guerre civile, des bombardements et l’exil ont marqué le parcours de cette réfugiée de 22 ans.

La mère, le père et la sœur de Mme Bakarian faisaient partie de la première vague de réfugiés du plan d’accueil du gouvernement canadien, qui prévoyait accueillir jusqu’à 25 000 Syriens en 2015.

«[La ville d’]Alep était rendue trop dangereuse. Mon école était en plein dans la ligne de mire de la guerre. On n’avait plus d’électricité ni d’eau. Ma mère nous attendait tous les soirs sur le balcon et elle se demandait si nous allions rentrer vivants. J’en fais souvent des blagues, mais ce n’est pas vraiment dôle», se rappelle-t-elle.

Elle a toutefois réussi à obtenir son diplôme d’études secondaires en Syrie, malgré les bombes et les missiles qui volaient au-dessus de sa tête.

Études en génie aérospatial

La jeune femme est aujourd’hui à sa troisième année d’études en génie aérospatial à l’Université Concordia. Elle parle anglais, arabe, arménien et français, au terme d’un processus de francisation. Pendant ses deux premières années d’université, elle a travaillé dans un restaurant McDonald’s pour soutenir sa famille financièrement.

«Ç’a été exigeant. Je devais étudier à temps plein et je travaillais parfois jusqu’à 30 heures par semaine chez McDonald’s. Mais j’étais contente d’avoir trouvé un domaine d’études qui me plaisait, soit l’aérospatial. J’aime me garder occupée. Je n’aime pas rester chez moi», explique en ricanant Shoushi Bakarian.

La jeune femme a réussi à faire ses preuves dans son domaine. En plus de l’Université, elle a été embauchée pour travailler dans le département aéronautique de Bombardier et chez Stratos Aviation.

C’est dans cette dernière firme qu’elle a cocréé «The Ventus», un dispositif qui fonctionne grâce une énergie verte, l’air.

22 ans, réfugiée syrienne et brillante étudiante en génie aérospatial
Stratos Aviation

«Si je continue ma carrière dans ce domaine, je vais surtout me concentrer à rendre l’industrie de l’aviation plus propre en me concentrant à construire des projets bons pour l’environnement. Je veux aussi devenir un modèle pour les jeunes filles dans mon domaine», affirme Mme Bakarian.

Encore marquée

L’étudiante affirme qu’elle se porte pour le mieux aujourd’hui, même si la guerre civile qu’elle a vécue lui a laissé quelques cicatrices.

«Je dois avancer, mais ça m’a marqué tout ça. Par exemple, si quelqu’un fait exploser un ballon à côté de moi, je pense tout de suite que c’est une bombe», avoue-t-elle.

À ce jour, le Canada a accueilli plus de 40 000 réfugiés syriens comme Shoushi Bakarian pour répondre à la crise qui sévit dans le pays où elle a grandi.

«The Ventus», en bref:

• Un tube, fabriqué pour les avions Cessna, qui agit comme un dispositif de recharge USB

• Aussi un système de refroidissement pour l'avion

• Il opère uniquement avec une énergie verte : l’air

• Pourrait éventuellement être adapté pour d'autres appareils de type Cessna