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Retour sur les 100 premiers jours du gouvernement de la CAQ

Le premier ministre du Québec, François Legault
Photo d'archives, Simon Clark Le premier ministre du Québec, François Legault

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Élu sur la promesse du «changement», le gouvernement Legault souligne ses 100 premiers jours mercredi. Retour sur les premiers mois de la CAQ au pouvoir.   

Déclaration controversée   

François Legault ne s’est pas fait d’amis en Alberta, début décembre, lorsqu’il a qualifié le pétrole de l’Ouest canadien d’énergie sale, par opposition à l’hydro-électricité québécoise.   

La première ministre albertaine, Rachel Notley, lui a répondu, en termes très peu diplomatiques, de «descendre de ses grands chevaux».   

Mme Notley a ajouté que le pétrole albertain finance en partie les services sociaux du Québec, via la péréquation. Le sentiment anti-québécois est tel en Alberta que le maire de Calgary, Naheed Nenshi, s’est fait huer lorsqu’il a voulu dire quelques mots en français durant un rassemblement propétrole.  

Annonce prématurée sur les médecins spécialistes   

«Il y avait des augmentations prévues qui vont être mises en fiducie», a déclaré François Legault fin octobre, en annonçant le gel de la rémunération des médecins spécialistes.   

En campagne électorale, la CAQ s’était engagée à récupérer 1 milliard $ qu’elle estimait consenti en trop par le gouvernement Couillard.   

Vérification faite, «l’entente en vigueur ne prévoit aucune augmentation de la rémunération pour les médecins spécialistes jusqu’en 2023», selon la Fédération des médecins spécialistes du Québec.   

Les sommes prévues sont plutôt dédiées aux services aux citoyens. Malgré la déclaration du premier ministre Legault, aucune somme n’a été gelée pour le moment.   

Son gouvernement attend plutôt les résultats d’une étude de l’Institut canadien d’information sur la santé pour renégocier l’entente.  

L’avis d’un expert   

Pour le directeur du groupe de recherche en communication politique de l’Université Laval, Thierry Giasson, le gouvernement Legault a appris des erreurs du gouvernement Marois, dont les débuts avaient été marqués par des cafouillages et des reculs.   

La CAQ, remarque-t-il, a attendu avant de commencer à poser des gestes politiques. «Ils ont passé près de deux mois à se préparer, souligne le professeur au Département de science politique. Ils ont appris leur métier.»   

Mais le gouvernement Legault a tout même succombé à l’envie de tenir une courte session parlementaire avant les Fêtes, souligne M. Giasson.   

«Ils voulaient montrer qu’ils étaient au travail, estime le professeur. Pourtant, ils auraient pu attendre en février pour lancer les travaux de ce gouvernement-là.»   

Cette volonté d’agir rapidement, estime-t-il, a mené aux quelques faux pas du début de mandat.  

Seuils d’immigration   

L’enjeu de l’immigration a été central lors de la dernière campagne électorale, notamment en raison du test des valeurs que la CAQ souhaite imposer aux nouveaux arrivants.   

Durant la courte session parlementaire, le ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, a annoncé que le gouvernement caquiste réduira de 50 000 à 40 000 le nombre de nouveaux arrivants au Québec.   

Même si le gouvernement fédéral doit donner son approbation pour une partie de cette réduction, Québec dit avoir bon espoir qu’Ottawa acceptera sa demande.  

Des bourdes   

Les premiers pas du nouveau gouvernement ont également été l’occasion pour de nouveaux ministres de se mettre les pieds dans les plats.   

Au lendemain du dépôt de son projet de loi visant à rehausser l’âge légal de consommation de marijuana à 21 ans, le ministre délégué à la Santé, Lionel Carmant, s’est dit ouvert à faire la même chose avec l’alcool et le tabac.   

De la même façon, le président du Conseil du trésor, Christian Dubé, a dit vouloir attendre de voir les études sur la faisabilité et le coût du 3e lien avant de le financer, alors que son parti s’est déjà engagé à le réaliser.   

Dans les deux cas, le premier ministre François Legault a dû dédire les propos de ses ministres.