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Monica Lewinsky balance son porc

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Hier, Gilbert Rozon, accusé de viol et d’attentat à la pudeur, s’est présenté à la police pour faire prendre sa photo et ses empreintes digitales.

Lundi, Kevin Spacey a plaidé non coupable à des accusations d’agression sexuelle.

Oui, c’est clair que 2019 va aussi être l’année de #metoo.

C’est le moment de faire un petit retour 20 ans en arrière et de réfléchir à LA première grosse affaire d’inconduite sexuelle à ébranler le monde, celle de Bill Clinton et de Monica Lewinsky.

LA ROBE BLEUE

A&E a diffusé en novembre une passionnante série documentaire de six heures, intitulée The Clinton Affair. Maintenant qu’elle est disponible sur iTunes, elle devrait être visionnée par tous ceux et celles qui s’intéressent aux droits des femmes. C’est ravageur.

Monica Lewinsky raconte, avec beaucoup d’aplomb, à quel point elle a été abandonnée par Bill Clinton après qu’il l’eut utilisée comme un jouet sexuel, et de quelle façon elle a été ridiculisée et humiliée par les médias.

Ce documentaire remet les choses en perspective : ce n’est pas le fait que Clinton ait couché avec Lewinsky qui était motif de scandale. C’est qu’il ait menti au sujet de cette affaire, sous serment.

Vous vous rappelez de son fameux : « I did not have sexual relations with that woman » ?

Ce docu est plus captivant que bien des séries télé présentement en ondes. On a même droit au récit de l’officiel qui est allé, en pleine nuit, à la Maison-Blanche, faire une prise de sang au président des États-Unis afin de confirmer que c’était bien son sperme qui se retrouvait sur la fameuse robe bleue de Monica Lewinsky.

Quel scénariste arriverait avec un retournement de situation aussi explosif ? Le président de la plus grande puissance mondiale qui se fait prendre les culottes à terre pour avoir éjaculé sur la robe d’une stagiaire de 22 ans ?

Difficile, en voyant ce documentaire, de ne pas voir Bill Clinton comme un prédateur sexuel.

The Clinton Affair offre le témoignage de nombreuses femmes qui, à différentes époques, ont accusé Clinton d’inconduite.

Comme Paula Jones, qui raconte dans le détail avoir été harcelée sexuellement par Clinton.

Quand Hilary Clinton a tweeté, en 2016, qu’il fallait appuyer les survivantes d’agressions sexuelles, Juanita Broaddick lui a répondu en tweetant : « J’avais 35 ans quand Bill Clinton, ministre de la Justice de l’Arkansas, m’a violée et Hillary a tenté de me réduire au silence. J’ai maintenant 73 ans. Je n’oublierai jamais ».

Chaque fois qu’on parle de Donald « grab them by the pussy » Trump, on devrait se rappeler les frasques d’un autre locataire de la Maison-Blanche...

INTIMIDATION 101

Aujourd’hui, on dénonce l’intimidation. Mais qui a été la première victime de « bullying » à l’échelle de la planète, si ce n’est Monica Lewinsky ? Aujourd’hui, on dénonce le « slutshaming », mais qui a été la première victime de ce dénigrement de la sexualité des femmes, si ce n’est Monica Lewinsky ?

Comment cette jeune femme a-t-elle pu survivre à ces sketches diffusés soir après soir dans les émissions de fin de soirée, à ces caricatures vulgaires, et à ces articles insultants dans les journaux ?

Imaginez comment elle aurait été traînée dans la boue si Twitter et Facebook avaient existé à l’époque.