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Massif du Sud: un jeune handicapé privé de son sport préféré

Il doit maintenant débourser près de 300$ par jour pour louer l’équipement

Alexandre Lafontaine et son père Daniel au centre de ski du Ma
PHOTO COURTOISIE Daniel Lafontaine a appris que les conditions d’utilisation du fauteuil avaient changé en constatant que le cadenas du lieu d’entreposage avait été remplacé. Pourtant, filer sur les pistes avec son père est le plus grand bonheur d’Alexandre, 27 ans.

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Un jeune handicapé de 27 ans, adepte de ski assis, est privé de son sport préféré depuis que le Massif du Sud, à Saint-Philémon, a choisi de serrer la vis à ses détracteurs.

Au moins six personnes ont reçu une lettre les avisant qu’elles ne sont plus autorisées à circuler sur les terrains du Massif du Sud, incluant le père d’Alexandre Lafontaine, un jeune handicapé passionné par ce sport, sous prétexte qu’elles ont causé du tort à l’entreprise.

Dans une lettre envoyée à la fin novembre à ce groupe, le comité de direction de la station de ski a indiqué qu’il ne tolérera plus ceux qui tentent de lui nuire.

Résultat, Daniel Lafontaine, qui est le père du garçon né avec une malformation causant un déficit physique et intellectuel, ne peut plus skier au Massif. La seule exception est s’il accompagne son fils pour diriger le fauteuil adapté.

La station impose également de nouvelles conditions, puisque le jeune doit maintenant payer des coûts de location d’équipement qui s’élèvent à près de 300 $ par jour, alors que cela était gratuit depuis 14 ans.

Il s’agit d’un équipement donné par la Fondation Lise Thibault, dans le cadre d’un programme qui a permis d’équiper une trentaine de stations de ski au Québec, il y a plusieurs années.

Persona non grata

« Ça fait cher, mais quand on est parent d’un enfant handicapé, on mène toutes sortes de combats. Ce n’est pas vrai que je vais mettre le genou à terre cette fois-ci », a ajouté le père de famille.

M. Lafontaine a été directeur général de la station pendant une saison et, l’automne dernier, il a été invité à prendre part à l’arbitrage qui oppose le groupe Thirion Beauregard et les compagnies du Massif du Sud pour mettre fin au bail emphytéotique.

« En affaires, tu peux donner des jambettes à ton adversaire. J’ai pris la décision de déposer un document. C’est une chose. Mais faire des jambettes aux enfants de ton compétiteur, c’est inacceptable », a-t-il dit.

Un maire mal à l’aise

Le maire, Daniel Pouliot, se dit mal à l’aise face à l’aide de 1700 $ versée par la municipalité pour faire la promotion des activités de la station. « Cela nous place dans une position très gênante. Si c’était à refaire, on ne donnerait pas d’argent. Même refuser des billets de saison à des conseillers, c’est enfantin », a-t-il affirmé.

Deux conseillers municipaux et un ex-conseiller, qui était présent en 2017 lorsque Saint-Philémon a entrepris les procédures de saisie de la station de ski pour récupérer les taxes impayées, ne sont plus les bienvenus sur les pistes.

Ils ont d’ailleurs rencontré un enquêteur de la Sûreté du Québec lundi afin de porter plainte pour intimidation contre le Massif.

L’associé du propriétaire Alain Content, Michel Allard, a refusé de dire au Journal quels étaient les torts subis par la station.

« Si quelqu’un alimente ça, on n’aura peut-être pas le choix de se revoir en cour », a-t-il prévenu.

Extrait de la lettre envoyée à Daniel Lafontaine

« Par la présente, le comité de direction de la station touristique Massif du Sud vous avise que suite à des événements survenus au cours de l’année 2018, elle ne vous autorisera plus à circuler et à pratiquer quelconques activités sur ses terrains. [...] Vous savez certainement que des gens tentent de nuire à l’entreprise et de ce fait le comité agira en fonction d’éliminer ce genre de comportement à la station, car nous ne voulons plus accueillir ceux qui nuisent au bon fonctionnement de celle-ci et voulons que cette année soit positive. »
 
— Comité de direction de la station touristique Massif du Sud