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«Ce sentiment d’impunité n’existe plus» -Rodolphe Parent

L'ex-maire de Terrebonne, Jean-Marc Robitaille, à bord du Touch en 2008.
Photo Courtoisie L'ex-maire de Terrebonne, Jean-Marc Robitaille, à bord du Touch en 2008.

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Le sentiment d’impunité des politiciens québécois qui régnait à l’époque où Tony Accurso en recevait à bord de son yacht n’existe plus, selon le président de la Ligue des droits civiques, Rodolphe Parent.   

Les images dévoilées jeudi par notre Bureau d’enquête sont un exemple probant de ce sentiment d’impunité qui était légion au Québec durant les années 2000. On y voit l’ex-maire de Terrebonne, Jean-Marc Robitaille, faire la fête en 2008 à bord du Touch, le luxueux bateau de Tony Accurso.  

«On était dans un moment, les photos de ce matin (jeudi) le montre, où il y avait un sentiment d’impunité extraordinaire au Québec. Ce sentiment d’impunité n’existe plus fort heureusement, en tout cas pas au niveau qu’on a vu sur le yacht d’Accurso, a expliqué Rodolphe Parent, au micro de QUB radio, jeudi.  

Celui qui est aussi membre fondateur du Comité public de suivi des recommandations de la commission Charbonneau ne s’inquiète pas du fait que si peu de politiciens provinciaux aient été interpellés à la suite de la commission Charbonneau.  

«C’est très bien de vouloir mettre tout le monde en prison, mais ça, ça ne règle pas la situation, a poursuivi Rodolphe Parent. Ils (les politiciens) y en a beaucoup dont on savait qu’ils avaient des mauvaises accointances, des comportements déplacés, qui partent d’eux-mêmes. La question est est-ce que le problème se règle en les mettant en prison où le problème se règle quand ils ne sont plus là.»  

Mieux protéger les lanceurs d’alerte  

De l’avis de Rodolphe Parent, le gouvernement caquiste doit revoir et regrouper les lois censées protéger les lanceurs d’alerte. La législation en place présentement est un fourre-tout.  

«Il y a beaucoup de lois qui protègent les lanceurs d’alerte et qui les protègent différemment, alors c’est très difficile pour eux de s’y retrouver. La commission Charbonneau, elle voulait une grande loi qui dit: “voilà, vous êtes protégés de telle manière, à tel moment”», a expliqué M. Parent. Les autres membres du Comité public et lui vont demander à la ministre de la Justice, Sonia LeBel, de faire le ménage dans ce «gros foutoir».  

Rodolphe Parent et Benoit Dutrizac
Rodolphe Parent et Benoit Dutrizac

 

De façon générale, Rodolphe Parent trouve décevante la réponse du gouvernement caquiste. «On en attendait vraiment plus [d’eux] pour notre rapport 2018 parce que ce rapport devrait faciliter leur travail. Ils devraient être très contents qu’on leur dise où on en est et ce qu’il reste à faire. On aimerait plus de réactions de leur part. On aimerait avoir une promesse claire notamment de Sonia LeBel», a-t-il mentionné.  

Parmi les autres demandes que le comité désire faire à la ministre LeBel, il y a l’adoption de règles qui seraient contraignantes pour l’Assemblée nationale. «C’est-à-dire, prévoir la suspension possible d’un élu qui serait poursuivi pour des actes de collusion ou de corruption», a expliqué Rodolphe Parent.  

«On voulait aussi que la vérification des municipalités [soit faite par] la vérificatrice générale du Québec, mais le gouvernement libéral a décidé que ça serait la Comission municipale du Québec, donc on n’est absolument pas contents avec cette décision», a-t-il ajouté.   

Le Comité public de suivi des recommandations de la commission Charbonneau a publié trois rapports à ce jour. Sur les 60 recommandations formulées par la commission, 29 ont été adoptés totalement, 12 l’ont été partiellement et 19 sont tombées dans l’oubli, selon le comité.  

Au total, la Commission s’est échelonnée sur 263 jours d’audience au cours desquels quelque 300 personnes ont été entendues. Les travaux ont coûté près de 45 millions $ aux contribuables.  

  

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