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L'avocat Jean-Roch Parent radié provisoirement

Jean-Roch Parent .
Photo d'archives Jean-Roch Parent .

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 L’avocat Jean-Roch Parent a été radié provisoirement par le Barreau du Québec et ne pourra donc pas pratiquer le droit jusqu’à ce que ses nombreuses plaintes disciplinaires soient entendues et jugées. 

 Il s’agit d’une décision lourde de conséquences pour l’avocat de la défense, jadis procureur de la Couronne, qui doit cesser de pratiquer jusqu’à nouvel ordre. Après avoir entendu le syndic du Barreau demander une radiation provisoire, le conseil de discipline a suspendu temporairement le droit de pratique de Jean-Roch Parent. 

 Visé par cinq plaintes 

 La radiation provisoire est une « mesure d’exception » et d’urgence qui ne vise pas à statuer sur la culpabilité ou non de Me Parent, mais qui vise la protection du public. L’avocat est visé par cinq plaintes disciplinaires pour des propos ou gestes inappropriés à l’endroit de trois juges, quatre procureurs, un agent de service correctionnel et un client. 

 Parent aurait eu des propos « sarcastiques et méprisants » à l’endroit de juges, notamment en disant à l’un d’eux « vous êtes partial ». L’avocat a été expulsé à plusieurs reprises des salles de cour. 

 Le conseil de discipline s’est toutefois penché plus particulièrement sur la plainte d’un client ex-policier, qui estime avoir été mal représenté par Jean-Roch Parent, qui a notamment négligé de répondre à des appels et ne s’est pas présenté en salle de cour lors de la décision. Une situation qui avait indigné le juge présent, disant n’avoir jamais vu une situation « aussi pire » en « 34 ans sur le banc ». 

 Ce client ex-policier avait même dit en salle de cour : « la drogue a fait des ravages dans la police, mais elle en fait également chez les avocats ». Cet extrait a été présenté au conseil par le syndic dans le but d’obtenir la radiation provisoire. 

 Sans se prononcer sur la culpabilité de l’avocat, le conseil estime « à première vue » que les chefs reprochés « portent atteinte à la raison d’être de la profession » et qu’il est donc nécessaire de protéger le public d’un « danger éventuel ». 

 « Manque de respect » 

 En audition, le conseil a remarqué que Jean-Roch Parent « n’a pas démontré de volonté de s’amender afin d’éviter de représenter un risque pour la protection du public ». L’avocat a plutôt fait valoir qu’il se devait d’adopter une attitude combative pour s’assurer que ses clients ont droit à une défense pleine et entière. 

 « Le conseil n’est en aucune façon rassuré par le témoignage de l’intimé », est-il écrit dans la décision, tout en faisant état « d’un manque de respect pour l’autorité ». 

 De plus, d’autres « allégations de négligence envers des clients » ont été évoquées pendant l’audition, « ce qui est préoccupant ». En outre, un procès criminel contre Jean-Roch Parent pour entrave et menace de causer des lésions à un policier doit débuter le 4 février.