/news/currentevents
Navigation

Procès de Jimmy Bouchard: le tribunal dispose de bandes audio incriminantes

Procès de Jimmy Bouchard: le tribunal dispose de bandes audio incriminantes
Photo d'archives

Coup d'oeil sur cet article

SAGUENAY | Jimmy Bouchard a été éloquent dans un enregistrement qu’a réussi à réaliser la police grâce à un agent d’infiltration.

Au procès de Bouchard, qui aurait planifié de tuer son ex-conjointe, le tribunal a en main des bandes audio relativement à cette conversation survenue le 1er décembre 2016 au restaurant Pacini de l’arrondissement de Chicoutimi, à Saguenay.

Bouchard croyait que l’homme pouvait faire quelque chose pour lui, mais il ignorait que c’était en fait un agent d’infiltration de la police, muni d’un micro caché.

Voici des extraits, selon la transcription de la conversation déposée également au procès, qui se tient au palais de justice de Chicoutimi.

«C’est-tu ça que je comprends? Tu veux à faire passer?» lui demande l’agent.

«Oui... pour que ça arrête», répond Jimmy Bouchard.

Plus tard, le policier lui demande: «As-tu pensé à un genre d’affaire pour toi, là, un alibi?»

«Ouin, mais j’en ai quand même un pas pire», dit Bouchard. «C’est que je suis à Dolbeau, pis elle est à Chicoutimi. Ça fait que je devrais m’organiser pour faire quelque chose, c’est sûr.»

L’agent lui parle aussi du prix: «C’est 20 000.»

Bouchard acquiesce.

L’agent ajoute: «C’est ça que ça coûte. Je ne te conterai pas de menteries là, ça coûte 20-25 000 en montant pour faire faire une affaire de même à quelqu’un.»

Bouchard approuve.

Plus loin, Bouchard déclare «Je fais ça pour avoir la paix, pis que j’irai pas essayer d’enfirouaper quelqu’un comme toi.»

L’agent est d’accord.

Bouchard ajoute: «Je veux que ça se règle, je veux pas jamais n’entendre parler.»

«Non, ça, tu n’en entendras pas parler», lui dit l’agent.

Les deux hommes discutent également du moment et de la façon de faire.

«Pour moi, ce serait mieux une fin de semaine. Pis, en même temps, je ne veux pas qu’il y ait du monde qui vire autour la fin de semaine. Tu sais, il y a des enfants», indique Bouchard.

L’agent est d’accord.

Quelques minutes plus tard, le policier revient sur le sujet.

«Pis toi, la façon de, tu t’en fou», questionne l’agent.

«Je m’en fous, répond Bouchard, mais en même temps, comme je te le dis, c’est un environnement un peu avec des enfants. J’aimerais mieux que ce ne soit pas la flaque de sang partout là. Pis, si c’est su, à la limite, ça ne me dérangerait pas. Ça ne me dérangerait pas, je suis ouvert à tout, là.»

Autre question du policier. «Elle disparaît ou bien tu la laisses là?»

Réponse de Bouchard: «Ben si, c’est sûr que si elle disparaît, ça serait l’idéal.»

«C’est pour ça, ça va être encore plus facile, je pense», affirme l’agent.

Bouchard est d’accord. Après que l’agent eut dit: «Ben, pas plus facile, mais...»

Bouchard veut éviter une erreur: «Ben, il va falloir la confirmation pareille que c’est elle?»

Il ajoute: «Parce que si... c’est ça qu’ils m’ont dit, pas de corps, pas d’accusation.»

La rencontre a duré 27 minutes.

Jimmy Bouchard est revenu quatre heures plus tard à la Cage aux sports pour remettre à l’homme une avance de 3000$, après un aller-retour à Dolbeau-Chicoutimi dans la neige. Il a été arrêté dans la soirée.

Jeudi, deux amis de l’accusé ont témoigné et croyaient qu’il n’irait pas jusqu’au bout dans son plan.

Martin Lefebvre a refusé de lui trouver un tueur à gages pour ne pas être complice. «Arrête de m’en parler. Ça va aller en cour et je vais tout raconter.»

Jamais Bouchard ne lui a dit qu’il voulait tuer ou assassiner son ex-conjointe, mais quand il parlait de régler son problème, il avait compris qu’il parlait d’elle.

Lefebvre était convaincu qu’il n’était pas sérieux. Il est toujours ami avec Jimmy Bouchard.

Michael Rousseau, une connaissance de l’accusé, est un autre témoin dans cette affaire. Bouchard lui a dit que sa séparation serait plus simple si son ex était morte. Il lui avait parlé de faire sauter son auto.

Le témoin lui a dit que ça ne se faisait pas et il a cru aussi, dans le regard de Bouchard, qu’il abandonnait son idée.