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Groupe anti-libéraux: Québec Fier sonde les Québécois sur le pétrole

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Après avoir milité contre le Parti libéral de Philippe Couillard avant les récentes élections, Québec Fier espère maintenant influencer le gouvernement Legault en faveur de l’exploitation pétrolière au Québec.

Le groupe de droite, très actif sur Facebook, a sondé les Québécois grâce à une campagne d’appels automatisés au cours des dernières semaines, afin de connaître leur niveau d’appui à l’exploitation des hydrocarbures.

« Des entreprises d’ici veulent investir des milliards pour développer nos ressources naturelles au Québec et créer des emplois québécois bien rémunérés, tout en réduisant notre dépendance à Trump et aux pays comme l’Arabie saoudite. Êtes-vous en faveur du développement des ressources au Québec qui va créer des bons emplois et de la richesse ici, au lieu du Moyen-Orient ? », demandait un certain « Nick de Québec Fier ».

Il poursuivait, dans un français vaguement cassé : « Diriez-vous que les scientifiques sont d’accord pour dire que le gaz propre produit avec l’hydro-électricité au Québec serait à 70 % plus propre que l’importation de gaz de schiste des États-Unis ou ailleurs, comme nous le faisons maintenant ? ».

Deux principaux projets d’exploitation des hydrocarbures sont présentement à l’étude au Québec. Cuda Pétrole et gaz souhaite exploiter le gisement « Galt sud-ouest », situé à une vingtaine de kilomètres de la Ville de Gaspé. De son côté, l’entreprise Gazoduq veut transporter du gaz naturel de l’Ontario jusqu’au Saguenay, un projet évalué à 4,5 milliards $.

Influencer la CAQ

Calqué sur un organisme ontarien qui a travaillé à la défaite de la libérale Kathleen Wynne en Ontario, Québec Fier a été créé en juin dernier avec le but explicite de s’opposer « aux politiques de déclin des libéraux de Justin Trudeau et Philippe Couillard ». Sur Facebook, le groupe compte aujourd’hui plus de 22 000 abonnés.

Le responsable de Québec Fier, Nicolas Gagnon, affirme que « quelques milliers » de personnes ont été rejointes à travers la province grâce à cette campagne menée par une firme externe.

Il rappelle que la CAQ s’était montrée ouverte en campagne électorale à l’exploitation des hydrocarbures, sauf pour le gaz de schiste dans la vallée du Saint-Laurent.

« On veut que le gouvernement tienne ses promesses, en démontrant qu’il y a une population qui le supporte dans ses démarches », dit Nicolas Gagnon.

Appui du lobby pétrolier

Depuis ses débuts, Québec Fier affirme être un organisme indépendant, mais refuse de dévoiler ses sources de financement.

Le Journal révélait toutefois en août dernier que le président de l’Association pétrolière et gazière du Québec, Michael Binnion, a sollicité des dons des entreprises de son industrie afin de financer le groupe. Michael Binnion assure par contre qu’il n’est pas à l’origine de la création de Québec Fier.