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Le lock-out chez ABI pourrait traîner en longueur

Les 1000 syndiqués de l’aluminerie de Bécancour sont prêts à tenir tête à la multinationale Alcoa

Le représentant syndical Clément Masse est passé saluer une quinzaine de travailleurs sur une ligne de piquetage, mercredi.
Photo Amélie St-Yves Le représentant syndical Clément Masse est passé saluer une quinzaine de travailleurs sur une ligne de piquetage, mercredi.

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BÉCANCOUR | Les 1000 syndiqués de l’Aluminerie de Bécancour ont encore les moyens financiers pour tenir tête à Alcoa et n’ont pas l’intention de fléchir, même après un an de lock-out.

Les fonds de grève sont encore suffisants pour que chaque travailleur de l’Aluminerie de Bécancour reçoive 635 $ par semaine pendant au moins une autre année, selon le président de la section locale 9700 du Syndicat des Métallos, Clément Masse.

Il n’y a pas eu d’avancées significatives dans les négociations depuis le décret du lock-out le 11 janvier 2018, selon lui, même après une tentative du médiateur spécial, l’ex-premier ministre Lucien Bouchard.

« L’employeur n’a aucune flexibilité. Pour régler, il faudrait que le syndicat accepte toutes les nouvelles demandes de l’employeur, sans rien dire », a dit le représentant syndical.

Les points qui achoppent concernent notamment les régimes de retraite et le respect de l’ancienneté. Alcoa demande par ailleurs l’abolition de 190 postes et une augmentation significative de la sous-traitance, selon le syndicat.

Groupe de travail

Depuis des mois, les syndiqués se relaient pour 10 heures de piquetage devant l’usine tous les six jours, et peuvent travailler ailleurs entre-temps. Environ 115 cadres font fonctionner la moitié d’une série de cuves, sur trois séries disponibles.

« On a hâte de remettre nos bottines, mais on ne rentrera pas à quatre pattes, on va rentrer la tête haute », a dit un syndiqué sur la ligne de piquetage, mercredi, demandant l’anonymat.

Le ministre du Travail Jean Boulet a par ailleurs annoncé cette semaine la mise sur pied d’un groupe de travail pour tenter à nouveau de dénouer l’impasse.

« J’essaie de faire une nouvelle intervention qui va faire comprendre aux parties qu’elles doivent aussi se responsabiliser, et que si elles veulent vraiment une entente négociée, comme elles me le disent, qu’elles se mettent à la table », a-t-il dit.

4,5 millions $ de taxes

Le maire de Bécancour Jean-Guy Dubois s’inquiète pour sa part de voir Alcoa fermer définitivement son usine, car l’aluminerie rapporte 4,5 millions de dollars en taxes à la municipalité de 13 000 habitants.

« Le matin qu’Alcoa décide de mettre la clé dans la porte, s’il fallait que cela arrive, on a un méchant problème à régler », a dit le maire.

Dans une déclaration écrite envoyée hier, Alcoa rappelle ne pas vouloir fermer l’usine : « [...] l’usine peut avoir un futur viable, avec la coopération du syndicat, pour améliorer la productivité et la profitabilité », était-il écrit. Depuis le début du conflit, des entreprises sous-traitantes ont eu à se réorganiser. Chez Groupe MBI, par exemple, qui s’occupe entre autres de la maintenance à l’usine, 80 des 200 travailleurs de la région ont été mis à pied.

Alcoa a refusé notre demande d’entrevue.