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Santé Canada toujours pas préoccupé par les herbicides à base de glysophate

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Santé Canada maintient sa position sur le glysophate, un controversé herbicide, jugeant à nouveau qu’«il est peu probable qu’il présente un risque de cancer pour les humains».

Le glysophate est présent notamment dans des produits comme le Roundup vendu par la compagnie américaine Monsanto - passée dans le giron du groupe Bayer l’an dernier - afin de contrôler les mauvaises herbes.

Le glysophate a notamment été au centre d’une poursuite très médiatisée menée par Dewayne Johnson, un jardinier américain souffrant d'un cancer qu'il attribuait au Roundup. En août dernier, un tribunal de San Francisco lui a donné raison et a condamné Monsanto à lui verser 289 millions $ US en dédommagement. Monsanto a par la suite porté la cause en appel.

Ici, en avril 2017, après avoir procédé à une réévaluation du glysophate, Santé Canada a déterminé que «les produits contenant du glyphosate, s'ils sont utilisés conformément au mode d'emploi qui figure sur l'étiquette, ne posent aucun danger pour la santé humaine et l'environnement». Le ministère avait toutefois décidé de réglementer davantage les étiquettes des produits contenant du glysophate.

Vendredi, après avoir effectué un examen de sa décision de 2017 à la suite de huit avis d’opposition, notamment de groupes environnementalistes, Santé Canada a dit qu’il maintenait sa position.

«Après un examen scientifique approfondi de l'ensemble des données pertinentes, nous avons conclu que les questions soulevées par les opposants ne pouvaient pas être prouvées scientifiquement, a expliqué le ministère. Leurs objections n'ont pas suscité de doute ni de question quant au fondement scientifique de la décision de réévaluation de 2017 concernant le glysophate.»

Le ministère a souligné que ses scientifiques n'ont pas ménagé leurs efforts pour effectuer cet examen, ayant notamment « consulté toutes les données et les informations pertinentes provenant du gouvernement fédéral, des gouvernements provinciaux, d'organismes de réglementation étrangers, de rapports scientifiques publiés et de plusieurs fabricants de pesticides».

Quelques heures plus tard, dans un communiqué conjoint, les groupes de défense de l’environnement et de la santé Équiterre, la Fondation David Suzuki, Prevent Cancer Now, Ecojustice, Canadian Association of Physicians for the Environment et Environmental Defence Canada se sont dits déçus.

«Nous maintenons que la démarche scientifique adoptée par Santé Canada semble avoir été compromise par des données manipulées et des analyses faussées», a déclaré Annie Bérubé, directrice des relations gouvernementales chez Équiterre. La décision annoncée aujourd’hui contribue à faire persister au Canada une agriculture dépendante du glyphosate, au détriment de notre santé et de notre environnement.»

Équiterre et les autres groupes ont entre autres souligné qu’«en 2015, un groupe d’experts indépendants du Centre international de recherche sur le cancer de l’Organisation mondiale de la santé a classé le glyphosate comme «probablement cancérogène pour l’être humain»». Ils ont aussi ajouté qu’aux États-Unis, en plus de Dewayne Johnson, plus de 9000 autres personnes atteintes d’un cancer ont porté leurs causes devant les tribunaux.

«Le glyphosate est l’herbicide le plus utilisé au Canada et dans le reste du monde, ont indiqué les groupes environnementalistes. Il est appliqué sur d’importantes cultures destinées à l’alimentation humaine, comme le maïs, le soja, le canola, le blé, l’avoine et l’orge. On le retrouve également dans nos cours d’eau, notre eau potable et dans près du tiers de nos produits alimentaires.»