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Les Cubains vénèrent Saint Lazare

Le sanctuaire national de San Lazaro, dans la banlieue.
Photo Jacques Lanctôt Le sanctuaire national de San Lazaro, dans la banlieue.

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À Cuba, il existe tout un commerce qui tourne autour des traditions religieuses et de la foi. À chaque nouvelle fête, on vend beaucoup de fleurs, et aussi des cierges, des statuettes diverses et autres ex-voto. Le culte à Saint Lazare est le deuxième en importance après celui de la Vierge du Cuivre. Lazare, dans la Bible, est cet homme pauvre atteint de lèpre qui meurt et que Jésus ressuscite quatre jours plus tard.

À Cuba, il est personnifié en gueux accompagné de deux chiens. On le célèbre tout particulièrement le 17 décembre, jour de sa mort. Il existe un sanctuaire catholique dédié à sa dévotion situé dans la petite municipalité d’El Rincon (El Rincón sur Google Maps), à moins de vingt kilomètres de La Havane. Presque tous les Cubains s’y rendent, un jour ou l’autre, dans leur vie. C’est comme la Mecque pour les musulmans. Mais il ne faut surtout pas y aller à cette date et les jours qui précèdent cette date, car il y aura congestion sur près de trois kilomètres et vous ne pourrez pas circuler, tant les dévots sont nombreux. S’y donne rendez-vous pratiquement tout ce que la capitale nationale et ses environs comptent de malades, de handicapés, d’aveugles et borgnes, de manchots, d’unijambistes et tutti quanti. Certains y viennent à pied et ont marché des dizaines de kilomètres pour accomplir une promesse ou demander une faveur. Souvent deux chiens les accompagnent, fidèles à la représentation symbolique de San Lazaro. D’autres s’y rendent à genoux ou en rampant.

Même si on n’est pas croyant, l’endroit vaut la peine d’être visité pour son côté insolite. L’intérieur du sanctuaire est joliment décoré de tableaux sculptés. Plusieurs autels consacrés à certaines divinités reçoivent les offrandes des pèlerins : pièces de monnaie, gerbes de fleurs de toutes sortes, mais surtout des tournesols d’un jaune vif, la fleur préférée de la Vierge de la Caridad ou Vierge noire, ainsi que des cierges qui brûlent en permanence, créant des amoncellements de cire que des employés nettoient sans arrêt. Toutes ces offrandes représentent autant de demandes de faveurs et surtout de guérison.

De nombreux vendeurs offrent des souvenirs à rapporter chez soi.
Photo Jacques Lanctôt
De nombreux vendeurs offrent des souvenirs à rapporter chez soi.

Culte de la guérison

Tout près de l’église se trouve un hôpital, construit en 1917, qui soigne les maladies de la peau, ainsi qu’une fontaine d’où coule une eau censée être bénite et réputée guérir des maladies incurables. Les gens en boivent, s’en aspergent et remplissent des bouteilles qu’on rapporte à la maison.

Lorsque vous sortez du périmètre du sanctuaire se dressent le marché aux fleurs et celui des ex-voto. On trouve des médailles et des statuettes en plâtre et en bois de tous les formats. Assez impressionnant. San Lazaro a aussi son équivalent dans la religion afro-cubaine. On le nomme Babalú Ayé, un orisha yoruba qui a les mêmes pouvoirs que le saint catholique.

Sur le chemin du retour, prenez la peine de vous arrêter sur le bord de la route, devant un des nombreux bouis-bouis, pour y déguster un délicieux sandwich au porc effiloché cuit sur place sur charbon de bois, ainsi qu’une bière Cristal bien fraîche. Je ne vous garantis cependant pas que vos vœux seront exaucés.