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Plus forts que les intégristes

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Deux nouvelles cette semaine ont provoqué beaucoup de réactions et rappelé qu’il existe au Québec une forte méfiance du religieux.

D’une part, on a appris qu’une demande avait été effectuée en Ontario pour enregistrer le nom d’un éventuel Parti islamique provincial. D’autre part, un communiqué qui n’aurait pas dû être diffusé par l’archevêché de Montréal nous enseigne qu’un médecin et un prêtre zélés font circuler un manuel qui invite les parents à retirer leurs enfants des cours d’éducation sexuelle, qu’ils considèrent comme une agression.

Dans un Québec qui entretient un rapport compliqué avec la religion, il n’y a rien de plus normal que ces informations choquent. Nous devons tant notre survie démographique qu’un certain retard social historique à l’Église catholique. Il n’est donc pas étonnant que toute tentative des clercs de peser sur la vie publique nous interpelle.

Pour ceux qui crient au racisme dès que des Québécois s’inquiètent devant une manifestation religieuse orthodoxe, il faut se rappeler ceci : le Québec est moins xénophobe qu’anticlérical.

Des hurluberlus

Pourtant, ça ne veut pas dire qu’il y a de vraies raisons de s’inquiéter devant chacun des événements qui viennent nous rappeler qu’il y a quelques nostalgiques de la première moitié du XXe siècle qui appellent un grand bond en arrière de leurs vœux.

D’abord, parce que ces hurluberlus ne représentent qu’une minorité insignifiante, certes bruyante, mais justement moins dangereuse parce qu’elle l’est. On le voit bien dans la manière dont l’archevêché de Montréal s’est rapidement dissocié des successeurs des bérets blancs qui veulent refaire notre éducation sexuelle. Même les autorités religieuses savent qu’elles n’ont rien à gagner à s’associer à eux.

De même, ce n’est pas demain la veille qu’un parti prônant un islam qui est rejeté même par une majorité de musulmans arrivera à recueillir assez de votes pour peser sur le cours des choses. L’adoption d’un mode de scrutin avec des composantes de proportionnelle pourrait éventuellement permettre à certains courants marginaux d’entrer au Parlement, mais avec le poids électoral insignifiant des extrémistes musulmans, Maxime Bernier sera premier ministre bien avant que ça se produise.

Ferme et confiant

Surtout, il y a un rempart plus important face aux velléités des zélotes de régenter notre vie collective en général et sexuelle en particulier. Cette protection, c’est nous.

Regardez juste comment on réagit face à ces nouvelles : on le fait avec force et de manière assez unanime.

Évidemment qu’on a envie de rouler des yeux vers le ciel – et on a raison de le faire – quand un petit curé qui a passé sa vie entouré d’hommes âgés nous dit qu’un enfant de 7 ans a plus besoin d’entendre parler de Jésus que de sexualité. Évidemment qu’il faut rappeler que c’est le gouvernement qui est en retard quand vient le temps d’établir sa laïcité, alors que la société québécoise dégage depuis longtemps un large consensus à ce sujet.

Il faut quand même se rappeler que notre « non » ferme et confiant lorsque des idées aussi saugrenues que celles-ci surgissent demeurera toujours notre meilleure protection devant toute forme d’inquisition.