/news/currentevents
Navigation

Un ancien député albertain condamné pour attouchements sexuels sur mineur

Un ancien député albertain condamné pour attouchements sexuels sur mineur
Capture d'écran, Twitter

Coup d'oeil sur cet article

L’ancien député provincial de l’Alberta, Dan MacIntyre, a été condamné à trois ans de prison après avoir plaidé coupable dans une affaire d’attouchements sexuels sur une fille de 10 ans au moment des faits.

La victime âgée de 18 ans aujourd’hui et dont l’identité est protégée par une ordonnance de non-publication a indiqué qu’elle ne pardonnerait jamais à son agresseur d’avoir détruit son enfance.

Les faits reprochés ont été commis cinq à dix fois en 2010 et 2011 à Sylvan Lake, à mi-chemin entre Edmonton et Calgary, et impliquaient des attouchements sexuels inappropriés, a indiqué le tribunal et comme l'a rapporté l’Edmonton Sun.

L’ancien député était accusé d’agression sexuelle et d’attouchements sexuels sur mineure. L’homme de 63 ans n’a plaidé coupable qu’au seul chef d’attouchements sexuels, puisque l’autre chef a été retiré.

En plaidant coupable, Dan MacIntyre a voulu épargner du temps à la cour et «l’agonie de témoigner» à la victime. Il a aussi indiqué avoir montré un «remord immense» depuis que sa victime a décidé de porter plainte en 2015.

Alors député du Parti conservateur unifié, Dan MacIntyre a dû démissionner de sa charge en février 2018, le lendemain de la levée de l’interdiction de publication de la poursuite judiciaire.

La victime a pu lire une déclaration à la cour sur les conséquences des actes du politicien. Elle a mentionné que ses agissements l’ont conduit à des pensées suicidaires. Plus vieille, elle a commencé à se demander si elle n’avait pas tout imaginé et s’est sentie coupable.

Ce n’est qu’en apprenant la définition du terme «molest» («molester») qu’elle a réalisé qu’il s’agissait du mot qui collait à son vécu et en a parlé à sa mère en 2015.

«Je vais porter cette rage que j’ai contre lui jusqu’à ma tombe», a-t-elle conclu à la cour.

Après l’annonce de la sentence, la victime a déclaré aux médias que justice avait été faite, a indiqué le Edmonton Sun.

«Je suis très contente. J’ai attendu ce moment presque la moitié de ma vie, a-t-elle déclaré aux caméras qui filmaient ses mains, pour préserver son identité. C’est une personne publique et je veux que ce qu’il m’a fait soit aussi public.»

«Voir son agresseur aller en prison vous fera sentir mieux», a-t-elle donné comme message à ceux qui ont été agressés durant leur enfance.

Un «plan de Satan»

Lors du procès, MacIntyre s'est excusé auprès de sa victime et de sa famille dans une brève déclaration sur le banc des accusés.

La procureure de la Couronne, Julie Snowden, a aussi indiqué à la cour que l’agresseur avait écrit une lettre non incriminante d’excuses à la victime.

Mme Snowden a suggéré que dans sa lettre, bien qu’il s’excusait pour ses gestes, M. MacIntyre se détournait de ses responsabilités en indiquant qu’il faisait partie d’un «plan de Satan».

L’avocat de la défense, Ian MacKay, a alors décrit son client comme un être profondément religieux qui a reconnu ses actes, mais qui a tout perdu durant «une période sombre» de sa vie, alors qu’il souffrait de dépression chronique et d’anxiété.

La couverture médiatique de l’affaire était «immense» compte tenu du rôle de député de son client, l’avocat a alors plaidé que M. MacIntyre avait déjà été puni par la communauté, puisqu’il ne pourrait plus trouver d’emploi à l’avenir, mais l’argument a été rejeté par la juge.