/weekend
Navigation

Véronic DiCaire: corps et âme

Véronic DiCaire: corps et âme
Photo Jocelyn Michel, leconsulat.ca

Coup d'oeil sur cet article

Véronic DiCaire est assurément l’une des artistes les plus travaillantes du show-business­­­ québécois. Pas besoin d’être particulièrement perspicace pour s’en rendre compte. Sa feuille de route des dernières années parle d’elle-même : spectacles en France, en Suisse, en Belgique, tournées avec Céline Dion, émission à Radio-Canada, émission sur France 2... La liste continue.

La chanteuse et imitatrice n’a pas chômé. Mais c’est en l’observant sur scène qu’on mesure toute l’ampleur de l’énergie qui l’anime.

Et pourtant, Véronic DiCaire n’a pas toujours été aussi vaillante. En entrevue au Journal, la « p’tite fille » d’Embrun, en Ontario, admet qu’elle n’avait pas autant de ferveur à l’école.

« Je n’ai jamais été une bonne élève. Je n’étais pas disciplinée. Pour moi, c’était un fardeau. Aujourd’hui, je comprends qu’en travaillant fort, on peut arriver à tout faire, mais c’est quelque chose que je n’avais pas saisi à l’école. Probablement parce que j’haïssais ça. Le cœur n’y était pas. »

« C’est après mon secondaire que tout a changé, quand Rémon (Boulerice, son conjoint et manager) m’a dit qu’on pourrait essayer de faire quelque chose ensemble. La discipline est arrivée avec l’envie de concrétiser mon rêve. »

Au quart de tour

Véronic DiCaire a entamé sa nouvelle tournée le 28 novembre dernier à Saint-Jérôme. Deux semaines plus tard (et quelques jours avant notre rencontre à Montréal), nous étions à Trois-Rivières pour assister au spectacle, présenté dans une salle J.-Antonio-Thompson pleine à craquer.

Bien qu’il s’agisse d’une des premières représentations d’une tournée qui devrait s’étaler sur trois ans et plusieurs continents, rien n’y paraissait. Entourée de six danseurs et quatre musiciens, la Franco-Ontarienne a offert un spectacle qui paraissait rodé au quart de tour. Deux heures de prouesses vocales, de chorégraphies enlevantes et d’humour.

Quant aux imitations, la plupart du temps bluffantes, elles étaient amenées de manière franchement imaginative. L’artiste de 42 ans se donnait corps et âme pour chacune d’entre elles, de Lady Gaga à Céline Dion, en passant par Safia Nolin, Charlotte Cardin, Nanette Workman, Édith Butler, Cœur de pirate, Ginette Reno, Marie Carmen et Marie-Chantal Toupin.

Personne ne pourra reprocher à Véronic DiCaire de livrer un spectacle paresseux. Même l’emballage scénique, composé des mêmes panneaux lumineux ayant suivi Bruno Mars durant son récent 24K Magic World Tour, impressionne.

En fin de soirée, nous devions être nombreux à avoir l’impression de sortir du concert à grand déploiement d’une vedette pop internationale.

« C’est important, pour moi, de présenter quelque chose qui n’est pas quétaine ou caricatural », précise simplement l’étoile caméléon.

Des « vacances »

Au cours du prochain mois, Véronic DiCaire s’arrêtera dans plusieurs villes du Québec. Elle s’envolera ensuite pour l’Europe, où elle présentera une version révisée du spectacle jusqu’en avril. Elle continuera d’alterner entre les deux continents jusqu’en 2020, au minimum.

« Quand je suis en tournée, c’est comme si j’étais en vacances, insiste-t-elle. Dès qu’on part en tour bus, on nous prend en charge. J’arrive, je fais mon test de son, je mange, je donne un show, pis je dors. Je n’ai besoin de penser à rien d’autre. »

Mission : divertir

Véronic DiCaire le mentionne à quelques reprises durant son spectacle et pendant notre entrevue : quand le rideau s’ouvre, son but premier, c’est d’amuser les gens, les divertir pour qu’ils oublient – le temps d’une soirée – leurs problèmes. Plus les années passent, plus cette mission prend une signification profonde pour celle qu’on a connue comme chanteuse au début des années 2000 avec Feel Happy.

« Mon rôle est devenu clair quand j’ai fait la Gaîté Montparnasse à Paris en 2010, relate-t-elle. Au départ, je souffrais un peu du syndrome de l’imposteur comme imitatrice. On m’avait mise dans la catégorie humour, mais je n’étais pas une humoriste... J’avais beaucoup de difficulté à assumer mon rôle jusqu’à ce qu’une madame d’un certain âge vienne me voir pour me dire : “Vous savez, jeune fille, j’ai eu la chance de voir Édith Piaf à l’Olympia. Ce soir, vous m’avez fait revivre tout ça. Vous m’avez donné un coup de jeune incroyable. Je vous en remercie”. En rentrant chez moi, j’avais braillé parce qu’elle m’avait fait réaliser que ce que je faisais, c’était important pour certaines personnes. »

« Est-ce que je suis control freak ? Un peu ! »

Riche en imitations, le nouveau spectacle de Véronic DiCaire comprend également deux ambitieux numéros de danse, lesquels ont été accueillis avec autant d’ovations debout à Trois-Rivières le mois dernier. Nous avons abordé le sujet avec l’artiste.

Avec toute l’énergie que vous déployez dans votre spectacle, comment arrivez-vous à dormir une fois le rideau tombé ?

C’est vrai que c’est difficile. Mais vers 1 h du matin, je commence à décompresser. Mon truc pour relaxer, c’est de prendre une douche chaude avant d’aller au lit. Et quand j’ai congé le lendemain, je peux prendre un bon verre de vin.

La danse occupe une grande place dans votre nouveau spectacle. Depuis quand aimez-vous cette forme d’art ?

Depuis toujours. Quand j’étais petite, j’admirais les ballerines. C’est une discipline qui m’a toujours fascinée. J’en intègre dans mes shows depuis ma résidence à Las Vegas en 2013.

Dans vos spectacles précédents, vous dansiez uniquement avec des filles. Cette fois, vous avez incorporé des hommes. Pourquoi ?

Avec le mouvement #MeToo, je voulais montrer qu’on avait encore besoin des hommes et qu’ensemble, on pouvait former une équipe. Pis c’est le fun parce qu’avec des gars, tu peux faire des portés ! [Rires]

Le finaliste de Révolution, Yoherlandy, fait partie de votre groupe de danseurs. Quand l’avez-vous recruté ?

Il était avec nous avant de faire Révolution. J’avais fait des workshops au printemps pour savoir si j’aimais la dynamique avec des gars.

Aimez-vous les débuts de tournée, quand on apporte des modifications après chaque représentation ?

Oui. J’aime cette période d’ajustements, quand on pense : « Qu’est-ce qu’on peut améliorer ? Qu’est-ce qu’on peut changer ? » C’est une étape que j’aime parce qu’on construit quelque chose. Pour ce nouveau show, c’est rassurant : les changements qu’on apporte sont loin d’être drastiques. Quand on s’assoit, Josée [Fortier, la metteuse en scène] et moi, on réalise que tout fonctionne bien, mais qu’il faut quand même enlever des numéros, parce que c’est encore trop long.

Croyez-vous qu’il s’agit de votre spectacle le plus abouti ?

Pour créer ce spectacle, j’ai pu m’asseoir et prendre le temps de créer quelque chose à partir de rien, comme pour Las Vegas. Tandis qu’avec les autres, on était toujours en réaction au succès qui grandissait. En France, on s’est déjà retrouvé à faire un show devant 5000 personnes et Josée [Fortier] s’amuse à dire qu’on avait un banc pis une chaise ! [Rires]

Votre imitation d’Hubert Lenoir fait un malheur sur scène. Est-ce le premier homme que vous imitez ?

Oui. Je devais intégrer Hubert au spectacle. Je voulais le faire. C’est rendu un incontournable. C’est quelqu’un que tout le monde connaît au Québec.

Quel bilan dressez-vous de votre année 2018, durant laquelle vous avez notamment assuré la première partie des concerts de Céline Dion en Asie ?

L’année 2018 a été très intense. Quand j’y repense, on dirait qu’elle a duré six mois.

Vous vous êtes impliquée dans chacun des aspects du spectacle. Vous avez même dessiné votre costume de scène...

Est-ce que je suis control freak ? Un peu ! [Rires] Mais j’aime travailler en équipe !


► Véronic DiCaire présentera son spectacle en grande première médiatique à Montréal lundi. Des représentations sont aussi prévues à Gatineau, Brossard, Sherbrooke, Saint-Eustache, LaSalle, La Baie et Québec. veronicdicaire.com