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Brillante saga au temps des Vikings

Brillante saga au temps des Vikings
Photo courtoisie, Nina Subin

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Inspirée par des recherches généalogiques sur son ancêtre Harald Fairhair, premier roi de Norvège, la romancière américaine Linnea Hartsuyker a puisé dans la riche mythologie nordique et les grandes sagas pour écrire sa trilogie des Vikings.

Son premier tome est consacré à Ragnvald Eysteinsson, un personnage étonnant qui deviendra au fil des années le bras droit du roi.

Entre les luttes de pouvoir, les romances et les faits d’armes, Linnea Hartsuyker fait revivre une époque de brillante manière, émaillant son fascinant récit de croyances et de mythologie nordique.

Depuis la mort de son père dans une bataille, Ragnvald a tout fait pour protéger sa sœur Svanhild et se prépare à hériter des terres familiales, lorsqu’il sera en âge de le faire.

Mais lorsque le capitaine du navire sur lequel il est embarqué tente de le noyer, en revenant d’un raid, il comprend que son beau-père Olaf l’a trahi. C’est une vie de lutte qui l’attend.

La famille ne s’attend à rien d’autre qu’un bon mariage pour sa sœur Svanhild, sans se douter que cette dernière aura peut-être d’autres projets.

Lorsqu’elle est séduite par l’ennemi de son frère, elle réalise que des choix difficiles s’imposeront. La famille ou la liberté ?

Lien familial

« Dans ma famille, nous avons toujours su que nous étions des descendants des Vikings – nous avons un héritage suédois et norvégien », indique Linnea Hartsuyker en entrevue.

« Mon père avait l’habitude de nous lire des légendes norvégiennes et nordiques, à ma sœur et à moi, au sujet de trolls et de dieux nordiques. »

Quand l’auteure était à l’école secondaire, sa famille a entrepris des recherches généalogiques plus poussées.

« Notre lignée remonte au roi Harald Fairhair, dont il est question dans le roman. Il a eu plusieurs fils, donc bien des gens pourront remonter jusqu’à lui. Mais à l’époque, je n’avais pas réalisé cela et ça m’avait fascinée. »

Plus tard, lorsqu’elle a décidé de devenir romancière, son choix s’est naturellement arrêté sur l’histoire du roi Harald.

« En faisant des recherches, j’ai découvert que son histoire était intéressante, mais comme il a eu beaucoup de succès, gagné toutes les batailles, cela faisait de lui un personnage principal plutôt ennuyant. Je me suis tournée vers son bras droit, Ragnvald. »

Archéologie

Il y a peu de documentation écrite sur le premier roi de Norvège, qui a régné de l’an 872 à l’an 931 de notre ère. On le surnommait Harald à la belle chevelure.

« Ce qu’on sait de cette époque vient plutôt des découvertes archéologiques. Les Vikings utilisaient les runes, mais elles n’étaient pas utilisées pour écrire des livres ou écrire l’histoire, elles avaient plutôt des usages religieux. C’était une société qui se basait sur la tradition orale. Les Islandais ont commencé à tenir des comptes-rendus historiques environ 200 ans après le règne de Harald. »

Pour la romancière, c’était intéressant puisqu’elle pouvait utiliser une base historique et laisser travailler son imagination.

Grandes sagas

Linnea a travaillé à rebours, s’inspirant des grandes sagas, pour créer le personnage de Ragnvald.

« Il fait plusieurs choix difficiles pour rester loyal au roi Harald. Il fallait décrire un personnage qui a la trempe d’un dirigeant, mais qui ne veut pas l’être. »

Svanhild, la sœur de Ragnvald, est un personnage historique.

« On ne connaît pas grand-chose à son sujet, donc j’ai pu inventer sa vie. Je ne voulais pas créer une femme du 21e siècle qui a remonté le cours du temps, mais bien une femme qui a les traits d’une femme de l’époque, mais qui fait quand même ses propres choix. »

  • Linnea Hartsuyker est une romancière américaine d’origine scandinave.
  • Elle descend du roi Harald 1er dont il est question dans le roman.
  • Elle habite au New Hampshire.

EXTRAIT

Ragnvald et le loup d’or, Linnea Hartsuyker, Presses de la Cité, 560 pages
Photo courtoisie
Ragnvald et le loup d’or, Linnea Hartsuyker, Presses de la Cité, 560 pages

« Le lendemain, de bon matin, ils émergèrent de la forêt à l’endroit où elle surplombait la rivière. Le ting se tenait sur une aire de terre nue dans un coude de la Moen. Ses eaux étaient vives et cependant laiteuses, brouillées par la fonte des glaciers : on aurait dit un torrent fantôme ajoutant son tumulte au mugissement du vent. Des habitations temporaires munies de fosses à feu et de salles de festin abritaient le temps de l’événement les familles les plus en vue ; leurs murs de tourbe et leurs toits de toile aux couleurs vives quadrillaient la vaste plaine caillouteuse. »

– Linnea Hartsuyker, Ragnvald et le loup d’or, Presses de la Cité