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Une pétition contre l’euthanasie des animaux domestiques

Les municipalités de la région de Québec interpellées

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 Après avoir soulevé l’ire de la Ville de Québec pour avoir associé sa politique animalière à des «abattoirs à chats», la Société protectrice des animaux (SPA) de Québec lance avec d’autres refuges une pétition contre «l'euthanasie de surpopulation» qui vise maintenant les «municipalités de la région de Québec».

De concert avec trois autres refuges de la région, la SPA déplore que chaque année, «des milliers d’animaux domestiques en bonne santé physique et mentale sont euthanasiés parce qu’on n’a pas de place pour eux» et que «la plupart des municipalités de la région de Québec ne prennent presque aucune mesure concrète pour freiner la reproduction animale». 

«Chaque jour dans nos refuges, nous voyons des gens qui nous racontent à quel point ils jugent inacceptable la façon de gérer la population animale», expliquent les porte-parole de cette coalition dans un communiqué, parmi lesquels figure Félix Tremblay, président de la SPA de Québec. 

Les signataires demandent expressément aux municipalités visées d’effectuer des changements «avant la fin de l’année 2019». «Assez d’animaux innocents ont été euthanasiés», renchérissent les instigateurs de la pétition qui avait recueilli plus de 1600 noms une vingtaine d’heures après son lancement dimanche.

Travailler avec les municipalités

Bien que la missive ne cible aucune municipalité, la SPA de Québec a déjà dit des politiques de la Ville de Québec qu’elles sont dignes du «siècle dernier» et même qu’elles s’apparentent à des «abattoirs à chats». 

Cette dernière déclaration a fait bondir en décembre le maire de Québec, Régis Labeaume, qui a dénoncé une campagne de «lobbying» puisque la SPA cherche à ravoir le contrat de la gestion animalière à Québec.

Joint par Le Journal, Félix Tremblay a assuré que la démarche de la coalition des refuges de la région de Québec ne se veut pas «conflictuelle». «Si on travaille contre les municipalités, il n’y aura pas de changement. On veut travailler avec les municipalités», dit-il.

«Le but de la pétition, ce n’est pas de confronter les municipalités ou d’attaquer qui que ce soit [...], c’est de faire prendre conscience aux élus que leurs propres concitoyens ne sont plus en accord avec cette pratique-là [l’euthanasie de surpopulation]», explique-t-il.

Guerre de chiffres

En décembre, l’administration Labeaume et la SPA se sont livrées à une guerre de chiffres après que l’organisme a évalué à 1500 le nombre de chats euthanasiés en moyenne chaque année à Québec en raison de la surpopulation animale.

La Ville a rétorqué que la SPA, de 2010 à 2014 alors qu’elle était responsable du service de fourrière dans la Vieille Capitale, euthanasiait près de quatre fois plus d’animaux par an. Une donnée que la SPA a cherché à nuancer tout en recentrant le débat autour du mode de gestion, la source du problème selon elle.

À l’automne, la Ville de Québec a prolongé d’un an le contrat de gestion animalière confié au refuge Les Fidèles Moustachus, disant vouloir réviser d’ici l’été 2019 le fonctionnement de ses services animaliers.