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À la manière de l i l a

Après La Voix, Marianne Poirier a trouvé sa voie hors des sentiers battus

À sa manière bien à elle, l’auteure-compositrice et interprète Marianne Poirier trace son chemin dans l’industrie musicale.
Photo Stevens LeBlanc À sa manière bien à elle, l’auteure-compositrice et interprète Marianne Poirier trace son chemin dans l’industrie musicale.

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La Voix a été un improbable incubateur d’artistes qui ont fait leur chemin musical en dehors des sentiers battus. Qu’on pense à Charlotte Cardin, Matt Holubowski ou Geoffroy. Il faut maintenant ajouter le nom de Marianne Poirier, alias l i l a, à cette liste.

Cette toute menue auteure-compositrice et interprète de Québec, encore dans la jeune vingtaine, vient de lancer en décembre Quiet As Fire, un second EP (après le démo Songs From a Room, sorti en février 2018) de quatre chansons qui établit clairement une démarche artistique singulière.

Singulière ? Sachez que Marianne Poirier a enregistré son premier EP dans sa chambre à coucher, qu’elle a lancé ledit EP à la librairie Saint-Jean devant des spectateurs assis sur des coussins disposés devant elle et qu’elle fabrique elle-même les articles promotionnels qu’elle vend à ses concerts.

Ajoutez à cela que son projet musical comprend un volet art visuel et qu’elle écrit des poèmes à temps perdu.

« J’ai de la misère à me satisfaire d’une seule chose. Quand j’ai une idée, je ne me prive pas », lance-t-elle, du haut de son regard espiègle.

Brailler sur Sigur Rós

De son passage à La Voix, en 2015, dans l’équipe de Pierre Lapointe, elle retient qu’il a constitué « l’élément déclencheur » de sa décision de faire carrière en musique et garde de précieux souvenirs de ses contacts avec les autres candidats, en particulier Matt Holubowski.

« Nous avons beaucoup échangé sur ce que c’est d’être un artiste », se souvient-elle.

Son identité artistique s’est forgée au cours des deux années suivantes. En devenant l i l a, Marianne Poirier a misé sur l’anglais pour accompagner ses mélodies enveloppantes, foncièrement tristounettes, qui évoqueront chez certains le spleen ambiant des Islandais Sigur Rós.

La comparaison l’a fait glousser. « Je les ai vus en show l’an passé à Montréal. J’ai braillé tout le long... »

Preuve de plus de cette parenté artistique, son acolyte Anthony Cayouette joue de la guitare avec un archet sur les chansons de l i l a. Comme Jonsi dans Sigur Rós.

Solitaire assumée

Écouter la musique de l i l a, c’est aussi découvrir assez aisément un des principaux traits de caractère de Marianne Poirier : son amour de la solitude.

« C’est un gros cri de solitude. Mais ce n’est pas une solitude de désespoir. C’est complètement serein, assumé et confortable. Par ma musique, j’ai envie d’amener les gens vers ce sentiment. Leur faire réaliser que la solitude n’empêche pas de partager un moment avec des gens. »