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Gentilly: le fond de diversification ne financera pas le cannabis

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Le fonds de diversification économique créé pour compenser la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly 2 ne permettra pas de financer la production de cannabis.

L'entrepreneur et candidat pour le Bloc Pot aux dernières élections, Blak D. Blackburn, espérait obtenir du soutien du fonds de diversification pour un projet de production de cannabis. Sa demande a toutefois été rejetée.

«Il y a deux mots qui me viennent en tête; c'est incohérent et incompréhensible», a pesté M. Blackburn qui travaille activement à l'installation à Bécancour de serres pour accueillir des micro-productions de cannabis médical et éventuellement de cannabis récréatif.

«On a pour près de 25 millions $ d'investissement sur la table avec la création de 150 emplois payants et on se fait claquer la porte au nez», a poursuivi l'entrepreneur.

Le ministère de l'Économie et de l'Innovation responsable de la gestion du fonds a expliqué à TVA Nouvelles que les paramètres de la Politique d'investissement ont été modifiés en octobre 2017 et qu'ils excluent «la production ou la transformation de cannabis et de tous les produits dérivés».

Cette politique a été adoptée même si, au Québec, c'est l'État qui gère l'achat chez des producteurs et la vente dans le réseau de succursales de la SQDC de cannabis légal.

Le député caquiste de Nicolet-Bécancour est perplexe devant cette situation. «Est ce que je souhaiterais que le Fonds de diversification serve à la production de cannabis? Personnellement, je ne suis pas trop favorable à ça, sauf que, lorsqu'on crée un fonds public comme celui-là, il faut respecter les critères de l'État et je ne vois pas sous quelle justification on pourrait l'empêcher», a fait valoir Donald Martel.

La ville de Bécancour ignore tout de cette décision du Fonds. Elle indique par contre que lorsque vient le temps de délivrer un permis de culture en serre, le cannabis est traité sur un pied d'égalité avec n'importe quelle autre sorte de production.

«Ce n'est pas une question d'acceptabilité sociale. C'est une question de loi pure», a expliqué le maire Jean-Guy Dubois.

S'il est impossible d'obtenir le soutien du Fonds de diversification, le promoteur menace d'aller implanter ses serres dans une autre municipalité qui offre des incitatifs pour ce genre d'investissement.