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Le projet de fourrière municipale à Montréal est encore reporté

Promis pour 2016, le centre animalier ne sera prêt qu’en 2022, au mieux

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 Près de huit ans après avoir été annoncé, le projet de fourrière municipale fait du surplace. La Ville de Montréal vient encore de reporter les travaux et songe maintenant à ouvrir plusieurs petits centres plutôt qu’un seul pour recueillir les animaux abandonnés, a appris notre Bureau d’enquête. 

 Ce projet de refuge pour chats, chiens, mais aussi pour la faune urbaine comme les écureuils, ne cesse d’être repoussé. 

 Un centre animalier pouvant accueillir 12 000 animaux a été promis en 2011 par le maire de l’époque, Gérald Tremblay. Il devait être construit au parc Angrignon en 2016 et coûter 23 millions $. 

 Son emplacement a été modifié pour le quartier Saint-Michel par l’administration de l’ex-maire Denis Coderre. L’ouverture était prévue en 2018, puis 2019. 

 Toutefois, le terrain choisi, à l’angle du boulevard Pie-IX et de la 47e Rue, est si contaminé que les coûts ont grimpé à plus de 40 M$, a constaté notre Bureau d’enquête. 

 En juillet, la Ville a annulé l’appel d’offres pour la décontamination du terrain, qui aurait coûté 12,5 M$. 

 Ce faisant, le projet a été repoussé une fois de plus. 

 Dans sa dernière planification budgétaire, l’administration de Valérie Plante a prévu que les trois quarts des 41 M$ requis pour la construction d’une fourrière seraient investis après 2021. 

 « Nous avons budgété 8 M$ [en 2020 et 2021] pour poursuivre les études et trouver un modèle d’affaires qui va mieux correspondre aux besoins actuels, soutient l’attachée de presse de la mairesse, Geneviève Jutras. Le nombre d’animaux errants a baissé dans les dernières années et il y a moins d’animaux en refuge. » 

 Fourrières « satellites » 

 Lorsqu’il était dans l’opposition, le parti de Mme Plante, Projet Montréal, s’était déjà prononcé contre le projet d’un refuge central dans le quartier Saint-Michel, le jugeant peu accessible. 

 À la place d’un seul grand refuge, des fourrières « satellites » pourraient voir le jour dans plusieurs arrondissements. 

 « Pour l’instant, on évalue différents scénarios et l’option de décentraliser le service est regardée », affirme Mme Jutras. 

 Toutefois, selon les investissements prévus, cela ne se fera pas avant 2022. 

 Le Berger Blanc, mais surtout la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA), s’occuperont donc des animaux abandonnés pour encore quelques années. 

 Pas assez de moyens 

 « On va prendre notre mal en patience, soupire la directrice générale de la SPCA de Montréal, Élise Desaulniers. Ce n’est pas une situation qu’on voudrait maintenir à long terme. Ce qu’on reçoit des arrondissements ne permet pas de couvrir les coûts. Si on a un taux d’euthanasie de moins de 10 % et à ne pas déborder, c’est parce qu’on a des donateurs privés. » 

 Les arrondissements paient chacun entre 150 000 et 200 000 $ par an pour leurs services de refuge. 

 La SPCA s’occupe des bêtes abandonnées dans 16 des 19 arrondissements. 

 « Ça inclut notamment la patrouille pour aller chercher les animaux, l’hébergement des animaux, la stérilisation et la mise en adoption », spécifie Mme Desaulniers. 

 En 2017, 10 400 bêtes ont été recueillies par l’organisme, dont 5800 chats et 1422 chiens. 

«Un grand nombre, ce sont des chats errants capturés par des citoyens, que nous stérilisons et qui sont relâchés par les citoyens », illustre la directrice générale de la SPCA. Cela représente près de 20% des chats recueillis.

 En 2011, des reportages montrent des cas de négligence chez l’entreprise Berger Blanc. La Ville de Montréal souhaite alors se doter d’un refuge. 

 En 2016, devant l’interdiction des pitbulls imposée par le maire Denis Coderre, la SPCA menace de ne plus offrir de services pour les chiens. L’organisme ne veut pas avoir à euthanasier des centaines de bêtes. 

 En 2018, les arrondissements de Verdun et LaSalle annulent des appels d’offres pour des services de fourrière parce que les soumissionnaires sont situés en dehors de l’île, ou parce que leurs services sont jugés trop coûteux.