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L’art rupestre, un patrimoine méconnu

Plusieurs œuvres font l’objet d’une exposition virtuelle du Musée de la civilisation

Grégoire Canapé, leader spirituel innu, a inauguré l’exposition avec un chant traditionnel. 
Photo Jean-François Desgagnés Grégoire Canapé, leader spirituel innu, a inauguré l’exposition avec un chant traditionnel. 

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On estime à environ 3000 le nombre de sites d’art rupestre, ces œuvres peintes ou gravées sur la roche, au Canada. Ils sont pour la plupart inaccessibles. Le Musée de la civilisation a donc mis des années de travail pour aller dénicher ces œuvres qui font l’objet d’une exposition entièrement virtuelle. 

L’exposition intitulée Des images dans la pierre : les secrets de l’art rupestre au Canada a été dévoilée jeudi. 

L’exposition est entièrement virtuelle et accessible au musée ou sur son site web. 
Photo Jean-François Desgagnés
L’exposition est entièrement virtuelle et accessible au musée ou sur son site web. 

Certains de ces petits dessins immortalisés sur la pierre, une trace précieuse laissée par l’homme, datent de plusieurs millénaires. 

Ils peuvent se trouver autant dans des grottes que sur des parois rocheuses à ciel ouvert. D’autres sont plus récents et nous en apprennent sur la vie des autochtones il y a quelques siècles. 

Grégoire Canapé, leader spirituel innu, a inauguré l’exposition avec un chant traditionnel. 
Photo Jean-François Desgagnés

Par exemple, au parc national Kejimkujik, en Nouvelle-Écosse, on retrouve plus de 500 pétroglyphes qui témoignent de la vie des Mi’gmaq entre le 17e et le 19e siècle. 

Aux extrémités du pays 

La majorité des sites d’art rupestre sont en Colombie-Britannique. La Saskatchewan abrite quelque 800 emplacements, une vingtaine sont au Québec et 14 au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse. 

«Les sites et les œuvres sont difficilement accessibles, voire impossibles à présenter dans un musée», a fait valoir le directeur général du musée, Stéphan La Roche. 

Le Musée de la civilisation a travaillé en étroite collaboration avec les autochtones, dans les deux dernières années, pour retracer des œuvres, souvent localisées sur les territoires des nations autochtones, une forme de communication pour les tribus anciennes. 

L’art rupestre désigne des œuvres d’art gravées ou peintes dans le roc. Ici, une gravure trouvée au Nunavik. 
Photo courtoisie, Antti Lahelma, University of Finlande
L’art rupestre désigne des œuvres d’art gravées ou peintes dans le roc. Ici, une gravure trouvée au Nunavik. 

Ces œuvres sont considérées comme sacrées par Grégoire Canapé, leader spirituel innu qui a inauguré l’exposition jeudi avec un chant traditionnel. 

«Ce sont nos ancêtres qui ont foulé ce sol», a-t-il précisé jeudi, se réjouissant que les nations autochtones trouvent au musée «une autre tribune» pour faire rayonner leur culture. 

«Les gens vont pouvoir revivre ce que nos ancêtres vivaient, car ils ont laissé des traces.» 

Pas d’expositions à ce sujet 

«L’objectif au départ était de faire connaître ce patrimoine très riche, mais peu connu», explique Jean Tanguay, qui a supervisé le projet. À l’heure actuelle, il n’y avait aucune exposition à ce sujet. 

«D’autre part, on souhaitait faire découvrir la diversité des œuvres rupestres au Canada», a-t-il commenté jeudi. 

Sur les 3000 sites qui pourraient exister au Canada, ils en ont ciblé cinq pour bâtir l’exposition, qui est disponible au MLab Creaform du Musée de la civilisation ainsi que sur leur site web.