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Le regard de Dieu

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Ainsi, l’idée circule de créer une DPJ pour les personnes âgées, afin de les protéger contre la maltraitance.

Pourquoi pas ?

C’est une avenue à explorer...

Après tout, comme l’a expliqué Me Danielle Chalifoux à l’émission de Mario Dumont à LCN, « les gens vivent jusqu’à 100 ans et ceux qui ont des problèmes cognitifs sont de plus en plus nombreux... »

ON EST RENDU LÀ

Ce qui est désolant, dans tout ça, est qu’on en soit rendu là.

Créer un organisme afin de protéger les personnes âgées vulnérables.

Vous ne trouvez pas ça déprimant, vous ?

Il faut brandir la menace d’une possible dénonciation pour que certains propriétaires de résidences pour personnes âgées commencent à traiter leurs clients avec respect.

Sinon, ils vont continuer de les traiter comme des animaux, sinon pire !

Denise Bombardier me parle souvent du rôle que la religion jouait, autrefois, dans la société.

Avant, les gens avaient peur de Dieu, du regard que Dieu portait sur leurs actions, me dit-elle. Ils avaient peur d’aller en enfer. Alors, ils faisaient attention à ce qu’ils faisaient.

Aujourd’hui, les gens ne croient plus en Dieu. Or, Dieu étant mort, comme l’écrivait Dostoïevski, tout est permis.

Même la maltraitance contre les personnes les plus vulnérables de notre société, c’est-à-dire les enfants, les vieux et les malades.

Je ne suis pas parfaitement d’accord avec mon amie Denise (après tout, les curés pédophiles ne sont-ils pas censés être des serviteurs de Dieu, et les guerres les plus sanglantes de l’Histoire n’ont-elles pas été menées au nom d’une divinité quelconque ?), mais je comprends ce qu’elle veut dire.

Il y a quelque chose d’infiniment triste dans le fait que ça prend une loi pour dire aux gens de ne pas maltraiter les vieux.

Ça ne devrait pas tomber sous le sens ?

MON DRAPEAU EN BERNE

Prenez cette idée hallucinante d’élargir l’aide médicale à mourir aux gens qui souffrent de dépression, d’anorexie ou de problèmes de santé mentale.

C’est tout ce qu’on a à leur offrir ?

La promesse d’un repos éternel grâce à une petite injection­­­ ?

L’idée nous viendrait-elle de dire aux gens dépressifs de se pendre ou de se jeter en bas d’un pont ? Non.

Mais vu que la mort par injection est plus « douce » et plus « humaine », on propose maintenant le suicide comme on proposerait des compresses ou une aspirine.

C’est un service comme un autre.

Cette situation est honteuse, abjecte.

Depuis quelques mois, je travaille près d’un parc où traînent des dizaines de personnes qui souffrent de toxicomanie et de problèmes de santé mentale.

De pauvres hères qui ont été abandonnés par leur famille, et qui se retrouvent seuls au monde, poqués, oubliés, délaissés­­­...

C’est ça qu’on va leur offrir, maintenant ? L’ultime « issue de secours » ?

La mort pour pallier le manque d’amour, le manque de soins, le manque d’argent, le manque de temps et le manque d’encadrement ?

La mort pour suppléer à notre manque d’humanisme, de compassion et de générosité ?

Comme le chantent Les Cowboys fringants, si c’est ça, le Québec moderne, eh bien moi, je mets mon drapeau en berne.

Pire : je le jette aux poubelles.