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Pas de salon de Détroit, et après?

Pas de salon de Détroit, et après?

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J’ai raté les journées de presse du salon de l’auto de Détroit, cette année. Eh oui, même si c’était la dernière fois que le North American International Auto Show, de son nom officiel et ronflant, était présenté en janvier. J’avais mes raisons. J’ai fait à ma tête.

D’abord parce que je n’avais pas de commande de textes, photos ou vidéos, pour une rare fois. La chose a son importance, pour un pigiste. Surtout le genre qui s’est tapé le trajet d’un millier de kilomètres vers Détroit à chaque année, ou presque, derrière un volant. En payant son carburant, bien sûr.

 

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J’ai roulé dans toutes sortes de machines, au fil des années, pour me rendre vers Détroit. Pour traîner tout le matériel dont j’avais besoin, à une époque où il fallait un trépied pour faire de bonnes photos, par exemple. Aussi parce que je pouvais rapporter des masses de dossiers de presse, du temps où ces choses étaient encore imprimées.

 

Malgré la tempête

J’ai conduit parce que j’aime ça et pour être aussi certain que possible d’arriver à Détroit et d’en revenir. La seule fois où j’ai tenté l’avion, il y a trois ans, le vol a été annulé et je ne me suis jamais rendu.

L’année du verglas, en 1998, il faisait 20 degrés à Détroit et je rentrais à l’épouvante le lendemain, avec un collègue, parce que nos familles étaient en pleine noirceur. Je sens encore les gouttes darder ma main gauche les deux cents fois où je l’ai sortie pour secouer l’essuie-glace.

L’année suivante, j’ai été le seul à entrer dans Windsor, sur les traces d’un camion-remorque, en pleine tempête de neige, dans une Acura TL sans pneus d’hiver. C’était avant la Loi. Vous ai-je dit que ces trajets sont aussi d’excellents essais ? Chose certaine, cette première TL était merveilleusement équilibrée.

 

J’ai raté la première édition internationale, en 1989, parce que je ne pouvais comprendre qu’ils tiennent les journées de presse le lendemain du Jour de l’an. Pas avec deux petits de moins de cinq ans à la maison.

La grande vedette cette année là ? Le prototype de la Dodge Viper. Pas grave. J’allais être un des deux seuls journalistes canadiens au lancement de la Viper de série, en Californie. Ça m’a consolé amplement. L’année suivante, je me suis résigné et j’ai mis le cap sur Détroit le lendemain du Bye Bye. Le salon était déjà trop gros et un journaliste automobile le moindrement sérieux ne pouvait se permettre de le boycotter.

De toute manière, j’ai vu des choses extraordinaires durant les années qui ont suivi. Le salon de Détroit est vite devenu le plus excitant de la planète. Celui où les présentations étaient les plus grandioses, imprévisibles et spectaculaires. La faute surtout à Chrysler, qui devait absolument se démarquer de ses concurrents pour survivre. Les autres ont suivi.

J’ai vu Bob Lutz défoncer une (fausse) vitrine et grimper un escalier dans le nouveau Grand Cherokee en 1992, aperçu le Dodge Ram qui tombait d’une immense boîte suspendue en 1994 et admiré le bond d’une Grand Caravan au-dessus d’une (fausse) mare aux grenouilles, grâce à une catapulte mécanique qui a coûté un million de dollars.

 

L’honneur est sauf

Le reste du temps, je rageais pendant des présentations interminables où j’étais censé faire semblant d’ignorer que le VP marketing lisait son texte comme un automate, sur trois télésouffleurs géants.

Je me souviens d’une fabuleuse exception à cette triste règle. En 2002, Harry Pearce, à la fois avocat et ingénieur, était également vice-président chez GM. Le numéro deux de l’ancien géant américain, rien de moins.

Ce jour là, droit comme un chêne, tout juste rétabli d’une leucémie féroce, monsieur Pearce nous a offert une présentation d’une demi-heure, absolument brillante, sur la nouvelle architecture AUTOnomy qui devait propulser plusieurs types de véhicules à l’hydrogène. Une espèce de «skateboard» où les piles à combustible étaient installées dans une coque qui tenait lieu à la fois de plancher et de structure. Comme les batteries des Tesla actuelles, quoi.

Mieux encore, Harry Pearce s’est exécuté sans le moindre télésouffleur. Je me suis alors dit que cette demi-heure valait largement mon pèlerinage vers Détroit.

Dès l’année prochaine, le salon de Détroit changera de formule et abandonnera la froideur de janvier. Il sera plutôt présenté au cours des premiers jours de juin, avec des présentations à l’extérieur de Cobo Hall, des essais et démonstrations sur piste et même une abondance de food trucks.

 

Finalement, j’aurai donc raté la première et la dernière édition du North American International Auto Show dans sa version hivernale. Mais je crois que je vais m’en remettre.

Et l’an prochain, je crois que je ne raterai par cette première édition estivale. Surtout que la journée de presse ne se déroule pas le 24 juin.

 

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