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[PHOTOS] Vieux-Québec: on entre dans «une phase critique» pour préserver les vestiges du rempart de 1693

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Au cours des dernières semaines, dans un lieu gardé secret, les spécialistes du Centre de conservation du Québec ont pris un soin minutieux des vestiges du rempart de Beaucours, retrouvés dans le Vieux-Québec en octobre. Le Journal a voulu faire le point sur le traitement qui attend les précieuses pièces de bois vieilles de 325 ans.

PHOTO D'ARCHIVES, JEAN-FRANÇOIS DESGAGNÉS

Il est encore trop tôt pour savoir si les vestiges de l’ancienne fortification de Québec pourront être un jour exposés au public. Les pièces inestimables subiront leur premier vrai test au printemps, une «étape critique».  

Leur prélèvement avait été réalisé dans l’urgence, l’automne dernier, juste avant que l’hiver ne s’installe. Elles composaient la base d’une fortification «unique» datant de 1693. 

Les 65 pièces ont été transférées dans deux locaux pour être traitées. Le Journal a obtenu des images exclusives de leur entreposage. 

Photo courtoisie, Ministère de la Culture et des Communications

Maintenant qu’on a réussi l’exploit de les rendre à bon port, le travail est loin d’être terminé, explique le restaurateur André Bergeron, du Centre de conservation du Québec. Pendant les prochains mois et les prochaines années, chacune des pièces sera traitée aux petits oignons. M. Bergeron considère les artéfacts comme ses «patients», qu’il suit attentivement. 

Photo courtoisie, Ministère de la Culture et des Communications

«Stabiliser le patient»

Même si le maire Régis Labeaume et le premier ministre François Legault ont annoncé leur intention d’exposer éventuellement les vestiges au public, rien n’est encore garanti. «Pour l’instant, on est encore en train de stabiliser le patient», explique M. Bergeron, qui assure déployer avec son équipe tous les efforts nécessaires. 

Photo courtoisie, Ministère de la Culture et des Communications

«Il est encore trop tôt. On ne peut jamais être certain. On ne peut pas garantir hors de tout doute que ça va se préserver.» 

Photo courtoisie, Ministère de la Culture et des Communications

Une des «étapes critiques» du traitement surviendra au printemps, quand la température extérieure commencera à se réchauffer. Particulièrement en ce qui concerne les deux pièces maîtresses de l’ensemble, de longs madriers appelés soles qui étaient la fondation du rempart et sur lesquelles s’appuyaient de plus petits bouts de bois, les fascines. 

Photo courtoisie, Ministère de la Culture et des Communications

Lutte contre les moisissures

Les soles sont entreposées dans une pièce non chauffée, dans une tente dont on contrôle l’humidité. Le réchauffement viendra bouleverser ce fragile équilibre, ce qui pourrait créer des moisissures en surface. Il faudra alors s’assurer de bien doser le taux d’humidité pour éviter cela. 

Photo courtoisie, Ministère de la Culture et des Communications

«En prenant toutes les précautions, j’ai des bonnes raisons de penser que d’ici quelques années on aura des vestiges qu’on pourra mettre en valeur», lance avec optimisme M. Bergeron. 

Photo courtoisie, Ministère de la Culture et des Communications

Mais le restaurateur avise qu’il est possible que cela prenne du temps, peut-être même plus que les deux ans qui ont été évoqués au moment de la découverte. Par exemple, l’embarcation viking exposée dans le hall du Musée de la civilisation a pris cinq ans à sécher, note-t-il. 

Photo courtoisie, Ministère de la Culture et des Communications
Photo courtoisie, Ministère de la Culture et des Communications

Vestiges du rempart palissadé de Beaucours 

Les étapes de traitement  

  1. Nettoyage 
  2. Prétraitement 
  3. Séchage contrôlé  

Durée du séchage : au moins deux ans 

Une course contre la montre 

En octobre dernier s’est enclenchée une course contre la montre pour prélever les vestiges du rempart palissadé de Beaucours, qui date de 1693. Les archéologues et les spécialistes du Centre de conservation du Québec se sont concertés pour les extraire rapidement afin de les conserver. Cette vidéo produite par le ministère de la Culture retrace les différentes étapes de cette délicate intervention. 

Vidéo courtoisie, Ministère de la Culture et des Communications