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Tragédie de Lac-Mégantic: la ministre Nathalie Roy demande au PDG de Netflix de retirer les images

Tragédie de Lac-Mégantic: la ministre Nathalie Roy demande au PDG de Netflix de retirer les images
Photo Simon Clark

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QUÉBEC – Après que Netflix eut refusé de retirer des images tirées de la tragédie de Lac-Mégantic de sa production Bird Box, la ministre québécoise de la Culture a écrit au PDG de la multinationale américaine pour lui faire part de la «consternation du gouvernement du Québec» et lui demander de reconsidérer sa décision.  

Dans une lettre adressée à Reed Hastings et transmise aux médias samedi, la ministre de la Culture, Nathalie Roy, écrit que les images de Lac-Mégantic insérées dans des productions disponibles sur Netflix «ne devraient jamais être destinées à une utilisation autre que pour des fins d’information ou de documentaire».  

Elle rappelle au grand manitou de Netflix que la tragédie ferroviaire de Lac-Mégantic a fait 47 morts le 6 juillet 2013, plongeant la petite municipalité de l’Estrie dans un long deuil qui se poursuit toujours, cinq ans et demi après le drame qui a frappé au cœur de la communauté de 6000 âmes.  

La série Travelers, disponible sur Netflix, a aussi eu recours à des images de la tragédie, mais la compagnie de production Peacock Alley Entertainment a présenté ses excuses et dit qu’elle avait l’intention de les retirer.  

Pour sa part, Netflix refuse d’en faire autant en ce qui concerne son film Bird Box mettant en vedette l’actrice oscarisée Sandra Bullock.  

«En aucun cas ne devrions-nous tolérer l’utilisation de tragédies humaines, quelles qu’elles soient, pour du divertissement, poursuit la ministre dans sa lettre. Tant sur le plan moral qu’éthique, c’est tout simplement inadmissible.»  

Code d'éthique  

À l’instar de la mairesse de Lac-Mégantic, Julie Morin, la ministre Roy somme Netflix de retirer les images de toutes ses productions «dans les plus brefs délais», en respect envers les victimes de Lac-Mégantic et de leurs proches.  

Elle croit de plus que Netflix, au même titre que d’autres grands joueurs du divertissement, devrait se doter d’un code d’éthique afin d’éviter pareille situation dans l'avenir.  

«D’une part, il y a la question de la responsabilité des producteurs et des diffuseurs dans de telles circonstances, écrit Nathalie Roy. En utilisant les images d’une tragédie réelle et dont les impacts sont toujours bien tangibles dans un contexte de fiction, Netflix et ses partenaires ont franchi une dangereuse limite. De plus, en ne divulguant pas clairement la provenance de ces images, votre entreprise a en quelque sorte floué, voire même trahi, ses millions d’abonnés. Comment pouvons-nous être assurés que d’autres tragédies humaines ne seront pas ainsi instrumentalisées à l’avenir?»  

La ministre Roy n’hésite pas, par ailleurs, à s’adresser directement aux sentiments de son destinataire. «Et si cela avait touché l’un de vos proches, M. Hastings, comment auriez-vous réagi en apprenant qu’une multinationale utilisait des images rappelant de lourds et sombres souvenirs, et ce, uniquement pour son profit? On ne peut que déplorer un tel manque de compassion, d’empathie et de solidarité envers toutes les personnes touchées par cet horrible drame.»