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Question : Les salons de l’auto battent leur plein à travers le monde. Est-ce une bonne idée d’investir dans l’industrie automobile ?


Réponse : Vous devrez avoir le cœur bien accroché et miser sur le long terme pour en profiter.

Plusieurs crises frappent actuellement l’industrie automobile mondiale : la superstar Carlos Gosn, patron de Renault/Nissan/Mitsubishi, croupit encore en prison au Japon, le Brexit, le ralentissement marqué des ventes en Europe, en Chine et en Inde, le scandale du diesel qui continue d’entacher la réputation des manufacturiers...

Voici les grandes tendances des prochaines années :

  • Les géants organisent progressivement leur transition des berlines thermiques vers l’électrique (20 % des consommateurs américains étaient intéressés à en acheter une en 2018).
  • Le coût des batteries baisse inexorablement : l’auto électrique sera très bientôt compétitive face au moteur thermique.
  • Les camions légers (pick-ups) et VUS dominent (Ford lancera bientôt une version électrique de son mythique F-150 et n’offrira plus de berlines, sauf les Focus et Mustang) et représenteront 73 % du marché américain d’ici 2022, selon Fidelity.
  • Premier marché mondial depuis 2018, la Chine souffre d’un surplus d’offres et l’avenir immédiat est à l’électrique.
  • Tesla va continuer à se démener avec des problèmes de production et de qualité, malgré la forte demande du Modèle 3, qui battra peut-être la Toyota Camry au chapitre des meilleures ventes américaines.
  • Le chômage n’inquiète pas aux États-Unis et au Canada, mais partout ailleurs, oui.
  • Une hausse du pétrole (actuellement stimulée par les Saoudiens et les Russes) freine habituellement la demande automobile. Tout comme une hausse du taux d’intérêt.
  • Les technologies de pilotage assisté et la voiture autonome bouleversent l’industrie et coûtent une fortune en recherche et développement.
  • Les fortes ventes de flottes de véhicules en 2018 vont ralentir en 2019. Les ventes totales seront sous les 17 millions d’unités aux États-Unis.
  • Une part sans cesse grandissante des jeunes générations (milléniale et Z) utilise les transports en commun, Uber, l’autopartage et le vélo plutôt que l’automobile.

Quels sont les joueurs qui semblent les mieux adaptés aux défis des prochaines années ? Ford Motors (FORD), qui connaît du succès avec ses camions et qui ne cesse d’augmenter son dividende depuis 2012 ; Ferrari (RACE), qui profite de l’augmentation du nombre de riches et de super-riches dans le monde ; les fournisseurs de pièces comme la québécoise Uni-Select (UNS.TO), dont un retour de cycle avantageux est à nos portes ; des fournisseurs technos comme NVIDIA (NVDA) ; Fiat Chrysler (FCAU), qui nage dans les liquidités et connaît du succès avec ses VUS ; General Motors (GM), qui se débat pour maintenir son impressionnante profitabilité et qui mène la charge des berlines électriques ; Toyota (TM), qui ne cesse d’augmenter son dividende ; Johnson Controls (JCJ), un important fournisseur de batteries et de technologies embarquées, qui paie son dividende depuis 1887 ; Penske (PAG), qui continue de dominer le marché de la location de camions ; Johnson Matthey (JMPLF), un fabricant britannique de batteries ; BMW (BMWYY), dont l’action sous-performe à cause du Brexit, mais qui détient un avantage concurrentiel indéniable dans ses segments de marché.


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