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La Maison Oxygène déborde déjà

Deux mois après l’ouverture, les papas en difficulté sont nombreux à frapper à la porte de l’organisme

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Photo Agence QMI, Simon Clark La Maison Oxygène héberge les pères qui vivent des difficultés le temps qu’ils « retombent sur leurs pattes ». Sur la photo, Sébastien Martel, intervenant, et Noémie Lévesque, coordonnatrice de l’organisme, sont en discussion avec un papa qui fréquente la maison.

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Ouverte depuis à peine deux mois, la Maison Oxygène de Québec déborde à un point tel que les intervenants doivent refuser des pères en quête d’hébergement, faute de place.

L’organisme, qui offre de l’hébergement et du soutien aux pères vivant des difficultés personnelles, conjugales ou familiales et qui ont la garde exclusive ou partagée de leurs enfants, compte trois chambres. Celles-ci sont actuellement toutes occupées, si bien que, depuis janvier, l’admission d’au moins trois papas a dû être refusée.

« On est inquiets un peu parce que les demandes entrent, mais on n’a pas l’espace suffisant pour accueillir davantage de papas », dit Noémie Lévesque, coordonnatrice de la Maison Oxygène de Québec.

Financement

Mme Lévesque songe à transformer le salon en quatrième chambre, mais soutient que cette amélioration sera insuffisante devant les besoins de plus en plus croissants. Afin de prévenir une « situation plus critique », la coordonnatrice amorcera des représentations auprès du gouvernement, du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de Québec et d’organismes, notamment, afin de récolter du financement et de pouvoir éventuellement prendre de l’expansion.

« Le plan d’action ministériel en santé et bien-être des hommes nous épaule pour une quatrième chambre pour cette année, mais la demande est là et on a vraiment besoin de financement pour peut-être acquérir un autre bâtiment dans un futur assez proche, ou un autre espace pour agrandir », précise Mme Lévesque, pour qui les dons du public sont les bienvenus. « On recherche aussi un partenariat pour de la literie neuve. »

L’ajout d’un troisième intervenant figure également dans les plans afin de pouvoir assurer une présence les soirs et fins de semaine et permettre à la coordonnatrice et à son collègue, Sébastien Martel, d’effectuer les suivis externes qui dépassent actuellement la quinzaine.

Ressource unique

L’un des trois pères hébergés à la Maison Oxygène, et qui souhaitait conserver l’anonymat, croit qu’il est important que l’organisme reçoive davantage de financement afin de poursuivre sa mission, alors qu’aucune autre ressource pour les papas et leurs enfants n’est disponible à Québec.

« C’est tellement extraordinaire. Ça m’a enlevé un poids énorme des épaules », indique le père de quatre enfants. « Les gens doivent savoir que quelque chose comme ça existe. »

L’homme était en couple depuis une quinzaine d’années et s’est récemment séparé, alors qu’il est en attente d’un jugement quant à la garde de ses enfants. Au fil du temps, il s’est retrouvé au cœur d’une relation toxique, mais avait peur de quitter sa conjointe en raison des enfants.

En décembre dernier, il a été informé de l’existence de la Maison Oxygène, ce qui lui a donné le courage de quitter sa conjointe avant d’y être hébergé, le 22 décembre.

« La première nuit, je n’ai pas dormi. Je pensais à mes enfants et me demandais comment j’allais leur expliquer. Ça me fait extrêmement mal de leur faire vivre ça. »

Or, ses craintes se sont atténuées lorsqu’il y a accueilli deux de ses enfants, le 25 décembre, et qu’ils ont adoré l’endroit. L’organisme lui permet de « retomber sur ses pattes » le temps de trouver un logement décent et une source de revenus pour subvenir à ses besoins et à ceux de ses enfants.

« Les ressources sont là, je commence à m’en sortir. Si je n’étais pas ici, je me demande où je serais. Ç’a changé ma vie. »