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Voici 10 innovations de ce grand magasin de Québec ouvert en 1850 encore perceptibles aujourd'hui

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En 1850, lorsqu'il s'associait avec sa conjointe Marie-Louise Hamel dans son petit commerce de chapeaux, rien ne laissait présager que le laitier Zéphirin Paquet allait devenir le directeur du plus important magasin à rayons de la capitale.   

Installé sur la rue Saint-Joseph à partir de 1866, il y occupera un important immeuble.   

Il passe les rennes de l'entreprise à son fils Joseph-Arthur en 1898.   

Si Zéphirin Paquet a été visionnaire et audacieux, ses descendants seront avant-gardistes et introduiront plusieurs innovations qui placeront toujours la Compagnie Paquet Ltée devant ses rivaux.   

Plusieurs la comparent au magasin Selfridges & Co. de Londres. Zéphirin Paquet mourra en 1905.   

Voici 10 de ces innovations.  

1. Les ventes par catalogue  

Tout le monde connaît les catalogues Eaton et Sears. Il y a eu également ceux de Paquet.   

En effet, au début des années 1900, le magasin possède son comptoir postal à partir duquel les commandes par catalogues sont expédiées en région.   

Il y avait les éditions printemps-été et automne-hiver.  

Ces documents constituent des répertoires qui nous font prendre conscience de la variété de la marchandise en inventaire.  

La Compagnie Paquet gérait également une division de la fourrure qui avait ses propres catalogues. Possiblement le premier commerce à Québec à procéder de la sorte.  

Les catalogues, c'était la modernité.  

Catalogue 1908-1909 de la Compagnie Paquet Ltée, BAnQ, Fonds Paquet-Le Syndicat inc.
Catalogue 1908-1909 de la Compagnie Paquet Ltée, BAnQ, Fonds Paquet-Le Syndicat inc.

2. Le Père Noël  

La Compagnie Paquet n'a pas inventé le Père Noël, mais à Québec, c'est certainement ce magasin qui l'a popularisé, voire commercialisé.   

Dès le début du XXe siècle, Paquet publiait dans les journaux des reportages quotidiens qui retraçaient le périple de celui qu'on appelait à l'époque «Santa Claus», depuis le pôle Nord jusqu'à Québec.   

On conviait ensuite les enfants à venir l'accueillir à la gare du Palais, puis à suivre son défilé jusqu'au magasin où il recevait les enfants dans son Royaume des jouets.   

Cette tradition s'est poursuivie jusque dans les années 1970.   

Des dizaines de milliers de petits Québécois lui ont rendu visite.  

Publicité tirée du journal L'Action catholique du 9 décembre 1915.
Publicité tirée du journal L'Action catholique du 9 décembre 1915.

3. Cinéma  

Le 1er janvier 1906, Léo-Ernest Ouimet ouvrait le Ouimetoscope, la première salle de cinéma à Montréal et au Québec.   

À l'automne 1909, Paquet faisait de même dans la capitale en ouvrant la première salle de cinéma à Québec, au quatrième étage du magasin.   

S'inspirant de Ouimet, on l'appellera le Paquetorium.   

Pour cinq sous, on pouvait visionner un film qui avait d'abord été soigneusement examiné par les censeurs. On ne voulait pas se mettre l'Église à dos.   

En plus des films, on y présentait parfois des expositions. Ce fut le cas l'année suivante avec la présentation d'une grande exposition d'horticulture et d'apiculture.   

C'est par la suite que d'autres salles ouvriront à divers endroits de la ville.  

Publicité tirée du journal L'Action sociale du 25 septembre 1909.
Publicité tirée du journal L'Action sociale du 25 septembre 1909.

4. Clinique d'optique  

En janvier 1907, Paquet est une fois de plus à l'avant-garde en ouvrant, dans son magasin, un département d'optique comme on en retrouve aujourd'hui dans les grandes surfaces.   

On y offrait gratuitement des examens de la vue, ainsi que la vente de montures et de verres, réguliers ou fumés.   

On y vendait également des jumelles.   

Ce département était sous la responsabilité de E.J.P. Massicotte, opticien diplômé du Klein College of Boston et membre de l'Association des opticiens de la Province de Québec.   

On y exécutait également les prescriptions des autres médecins.   

Le tout au meilleur prix.  

Publicité tirée du journal The Quebec Chronicle du 18 février 1907.
Publicité tirée du journal The Quebec Chronicle du 18 février 1907.

5. Restaurant  

En 1908, dans le cadre du tricentenaire de Québec, la Compagnie Paquet Ltée décide d'investir pour ouvrir une salle à manger suffisamment grande pour accueillir tous les touristes qui viendront à la fête.   

Pour y parvenir, on construit un édifice à la Pointe-aux-Lièvres pour y déménager l'entrepôt et les ateliers et ainsi libérer l'étage supérieur du magasin.   

Le restaurant ouvre ses portes le 7 juillet.   

On engage un chef de New York et on est en mesure de servir 6000 repas par jour.   

Après quelques jours d'opération, on affirme que la table d'hôte à 50 cents de Paquet rivalise avec n'importe quel repas à un dollar n'importe où en Amérique.  

Publicité tirée du journal L'Action sociale du 6 juillet 1908.
Publicité tirée du journal L'Action sociale du 6 juillet 1908.

6. Livraison  

En 1933, toujours à l'avant-garde, la Compagnie Paquet offrait à ses clients un nouveau service de livraison à domicile.   

Et on ne parlait pas d'envois postaux, mais bien de livraison par camion, non seulement en ville, mais également en banlieue, sur la rive sud et aussi loin que Beaupré et Donnacona.   

À une époque où la majorité des gens ne possédaient pas d'automobile, c'était un service très apprécié.  

Camion de livraison vers 1925, BAnQ, Fonds Paquet-Le Syndicat inc.
Camion de livraison vers 1925, BAnQ, Fonds Paquet-Le Syndicat inc.

7. Escalateurs  

En 1947, la Compagnie Paquet innovait de nouveau en installant des escaliers roulants, les premiers à Québec.   

Pour l'époque, c'était révolutionnaire.   

Le magasin devait être très fréquenté puisqu'on affirmait que cette amélioration allait permettre aux clients d'éviter les ascenseurs qui étaient toujours encombrés.  

Publicité tirée du journal L'Action catholique du 6 décembre 1947.
Publicité tirée du journal L'Action catholique du 6 décembre 1947.

8. Ligne zénith  

En août 1931, la compagnie de téléphone Bell offrait le service «Zénith».   

Il s'agissait d'un service d'appels interurbains sans frais.   

Il suffisait de demander à la téléphoniste de nous mettre en communication avec le «Zénith-xxxxx» et aucun frais d'interurbain n'apparaissait sur la facture.   

Plus tard, c'est ce service Zénith qui deviendra le 1-800.   

En 1956, la Compagnie Paquet devenait la première entreprise de Québec à offrir ce service à sa clientèle.   

Elle permettait ainsi à ses clients des régions de commander par téléphone, et ce, sans frais.  

Publicité tirée du journal L'Action catholique du 5 mai 1956.
Publicité tirée du journal L'Action catholique du 5 mai 1956.

9. Stationnement  

À la fin des années 1950, le stationnement à Québec semble devenu un problème majeur.   

C’est pourquoi, en octobre 1956, la Compagnie Paquet annonce son intention de construire à ses frais un vaste stationnement pour le quartier.   

Il s’agissait d’un stationnement étagé comme on en retrouve aujourd'hui partout.   

C’est l’architecte Gaston Amyot qui en dessine les plans.   

Cette structure est située au carrefour des rues Dorchester, Saint-Vallier Est et Fleurie (auj. Victor-Revillon).   

Il est ouvert au public en 1958.   

Ce sera le premier stationnement du genre à Québec.   

Le stationnement de Pollack situé sur la rue du Pont sera construit l’année suivante.   

Aujourd’hui, la vocation et l’allure de cet édifice ont complètement changées, mais on y reconnaît toujours l’ancien stationnement Paquet.  

Publicité tirée du journal L'Action catholique du 6 octobre 1956.
Publicité tirée du journal L'Action catholique du 6 octobre 1956.

  

Google Street View, rue Dorchester coin Victor-Revillon.
Google Street View, rue Dorchester coin Victor-Revillon.

10. Les centres commerciaux  

Au fil du temps, la Compagnie Paquet Ltée ne cessera de prospérer.   

En 1957, on ouvre des succursales à Chibougamau, à Baie-Comeau et à Sept-Îles.   

Au cours des années 1960, elle innove une fois de plus en ouvrant des points de ventes dans les principaux centres commerciaux de Québec et de Lévis, soit Place Laurier, Place Fleur de Lys et Les Galeries Chagnon.   

Dans les années 1970, elle achète les trois magasins du Syndicat de Québec.   

Néanmoins l'entreprise s'essouffle.   

En 1981, une grève sonne le glas de cette entreprise qui aura tout de même duré 131 ans.  

Plan d'architecture de l'édifice en 1948, BAnQ, Fonds Paquet-Le Syndicat inc.
Plan d'architecture de l'édifice en 1948, BAnQ, Fonds Paquet-Le Syndicat inc.

Un texte de Jean-François Caron  

Vous pouvez consulter la page Facebook de la Société historique de Québec en cliquant ici et le site web en vous rendant ici.