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Industrie laitière: le nouveau guide alimentaire canadien ne fait pas l’affaire au Saguenay–Lac-Saint-Jean

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SAGUENAY – Certains joueurs du secteur laitier ont l’impression que leur point de vue n’a jamais été pris en compte dans le nouveau guide alimentaire canadien.

Le lait est moins en vue dans le guide dévoilé mardi et qui incite à boire de l’eau. «On vient de perdre une place de choix», a confié le président régional du Syndicat des producteurs laitiers, Daniel Gobeil.

Le lait a perdu son groupe, propre à lui. Il est maintenant inséré dans les aliments protéinés. «Il va falloir vendre le lait comme une source de protéines», a précisé M. Gobeil.

À la Laiterie de La Baie, qui emploie une soixantaine de personnes, le nouveau guide passe mal. «C’est une aberration totale, a déclaré le directeur général de l’entreprise, Normand Dupérré. Ce gouvernement-là malmène l’agroalimentaire depuis qu’il est là. J’ai hâte qu’il débarque et cesse d’être sur notre dos.»

M. Dupérré soupçonne le Canada de s’être inspiré du guide alimentaire du Brésil. Ce transformateur a l’impression qu’Ottawa n’a pas regardé les études menées par l’industrie laitière. «Le gouvernement n’a pas voulu entendre nos arguments», a-t-il ajouté.

Daniel Gobeil rappelle que ces études ont été faites de manière indépendante et qu’elles confirment des constats importants. «Le lait, c’est la meilleure source de calcium. La science le reconnaît», a expliqué le président régional du Syndicat des producteurs laitiers.

Le nouveau guide propose aussi de consommer des produits laitiers contenant moins de gras. Ce conseil pourrait changer la manière des producteurs de gérer leurs troupeaux.

«Cet effet d’avoir moins de matières grasses va amener des changements dans les fermes sur l’alimentation et la génétique», a ajouté Daniel Gobeil.

L’industrie ne croit pas que le guide aura un impact rapide. Elle craint plutôt un effet à long terme, chez les jeunes qui le verront à l’école, puis également dans la fabrication des menus des institutions publiques, comme dans les hôpitaux ou les établissements de détention. Les producteurs et les transformateurs pourraient alors écoper.

L’industrie laitière redoute aussi l’effet des nouvelles règles d’étiquetage qu’Ottawa pourrait imposer prochainement.