/entertainment/tv
Navigation

Des défis constants pour la télé et le cinéma d’ici

Des défis constants pour la télé et le cinéma d’ici
MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

Coup d'oeil sur cet article

Louise Lantagne ne mâche pas ses mots lorsqu’il est question de télévision et de cinéma produit au Québec. La présidente de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) déplore les faibles budgets dont disposent les créateurs francophones d’ici à la télé par rapport à ceux du reste du Canada qui tournent en anglais.

«L’élastique en fiction au Québec, c’est étonnant qu’il n’ait pas encore "pété". Faire une série télévisuelle à 450 000 $ - 500 000 $ l’heure, c’est de l’ordre du miracle. Je pense que ce sera toujours un peu plus élevé au Canada anglais, mais on peut se rejoindre un peu», a-t-elle laissé savoir mercredi, lors d’une rencontre à la Cinémathèque québécoise s’articulant autour des problématiques auxquelles sont confrontés son organisme et Téléfilm Canada.

À l’assaut de la planète

Pour elle, il y a plusieurs choses qui font cruellement défaut sur les plateaux. «On a besoin de moyens, de temps. Tourner des séries et avoir quatre ou cinq jours par heure de tournage... Quand on parle de cinéma, on a 25, 30 jours de tournage pour une heure et demie. Voyez-vous la différence?»

Malgré tout, les œuvres du petit écran québécois réussissent à se tailler une place de l’autre côté de l’Atlantique, comme c’est le cas au festival Séries Mania, dont la prochaine édition se tiendra en mars en France.

«On est en train de demander une qualité extraordinaire à nos séries – à juste titre d’ailleurs – parce que nous séries doivent se démarquer à l’international, doivent aller dans des marchés et compétitionner. On s’en va à Séries Mania avec nos séries à 500 000 $ – 600 000 $; et qui sont nos compétiteurs? Des séries qui ont deux millions d’euros l’heure», a lancé Louise Lantagne.

Faire aussi rayonner le cinéma

Le septième art en français doit quant à lui étendre sa visibilité à l’étranger, croit Christa Dickenson, directrice de Téléfilm Canada.

«Il s’agit de reconnaître que la façon de consommer le contenu évalue de manière hallucinante. Pour le contenu francophone, la SODEC et nous avons fait des efforts pour trouver les auditoires francophones à travers le monde. Mais il faut aller au-delà de ça. On voit bien le succès de "La guerre des tuques" en Chine; donc, c’est bien possible d’avoir d’autres succès.»

C’est grâce à des ententes à l’étranger que la situation peut grandement évoluer, ajoute-t-elle.

«Il faut continuer de se démarquer, trouver des auditoires, de nouveaux partenaires. On est le premier pays hors de l’Europe avec Eurimages. Nos ressources s’agrandissent. Dans la première année de notre mandat avec Eurimages, nous avons pu financer sept projets canadiens, ce qui a généré 2,2 millions d’euros. Trouver de nouvelles opportunités comme ça, c’est un gros défi.»

Christa Dickenson fonde également de grands espoirs dans le Fonds des talents qui dispose d’une enveloppe philanthropique. «Nous voulons le voir croître à 25 millions $ d’ici cinq ans. Et je pense que c’est possible.»