/misc
Navigation

Y'a du sacré bon personnel dans le réseau de la santé

Bloc medecin
Photo Fotolia

Coup d'oeil sur cet article

L’accès et la qualité des soins de santé constituent un sujet de débat récurrent au Québec et ça se comprend. Quand on est malade, ou pire, quand quelqu’un que l’on aime souffre et n’est pas traité adéquatement dans des délais raisonnables, il y a de quoi monter aux barricades. Les récriminations à l’égard du réseau de la santé sont si fréquentes qu’on en vient à croire que plus rien ne va dans nos hôpitaux et cliniques. Or, j’ai eu droit à un accueil humain et à des soins exemplaires lors de mon passage à l’hôpital cette semaine, à une exception près. Je le dis haut et fort pour que tous ceux et celles qui travaillent comme des damnés dans le réseau reçoivent une chaleureuse tape dans le dos. Eux dont le travail essentiel est trop rarement mis en valeur. 

Dimanche 16 h 30, hôpital Jean-Talon, Montréal. Voilà près de 24 heures que je souffre. Impossible de bouger mon poignet gauche sous peine de tomber dans les pommes. La glace, l’immobilisation, rien n’y fait. C’est assez! Il faut que je voie un médecin. 

Je m’en suis tordu et foulé des membres dans ma vie en faisant du sport, mais là, ma dernière folie en « hoverboard », à me prétendre une jeune athlète comme jadis, semble avoir eu raison de moi. Je crois m’être cassé un membre pour la première fois de ma vie. 

Tempête ou pas, go, on va à « l’hosto »! 

Primo, je suis privilégiée. Je n’y vais pas seule. Ma grande chum insiste pour venir passer la fin de son week-end avec moi à l’urgence. On peut dire que c’est de l’amitié ça! 

Secundo, le jeune Maghrébin qui me reçoit à l’inscription est avenant, poli et semble heureux d’occuper son poste. La chaleur humaine, il n’y a rien de mieux pour faire oublier le brun-beige des murs, qui donne un air de victime de gastro même aux visiteurs les plus en santé. 

La suite de mon expérience fut tout aussi agréable et digne de mention. 

On m’a traitée, non pas comme un numéro, mais bien comme un être humain intelligent, en douleur, qui avait à la fois besoin d’être pris en charge, de se faire expliquer ce qui se passait et de soins administrés avec douceur et bienveillance. 

Infirmiers, infirmières, radiologues, médecin; tous avaient la même approche courtoise, douce et sympathique. C’est ce dont on a besoin quand on ne va pas bien. La qualité des soins commence ainsi. 

Je suis sortie de l’urgence 5 heures plus tard, le bras lourd et semi-plâtré, mais le cœur léger, avec un sujet de chronique pour cette semaine. J’allais parler du professionnalisme et de la gentillesse des professionnels qui œuvrent dans un domaine où la pression est pourtant énorme. 

Le virus qui peut tout contaminer 

Mardi matin 8 h, me voilà de retour à l’hôpital pour faire un suivi. J’ai presque hâte. 

Je dois rencontrer l’orthopédiste afin de déterminer si je dois me faire opérer ou non. 

À la réception de la clinique d’ortho, j’ai droit, cette fois, à un tout autre traitement. 

Mon nom n’est pas sur la liste de patients, alors que cela devrait pourtant être le cas. Ça ne fait pas l’affaire de l’employée, qui me reçoit de façon très impolie; comme si j’étais responsable de l’erreur administrative. Elle me somme d’aller m’asseoir sans prendre ne serait-ce que 15 secondes pour me dire ce que je dois faire à partir de maintenant. 

Après quelques minutes à ne pas trop savoir quoi faire et où aller, sans être inscrite à quelconque processus, je retourne très calmement voir la grognonne pour lui demander comment mon dossier suivra son cours. 

La situation m’attristait, car, à cause d’elle, une seule personne, je venais de perdre mon enthousiasme à l’égard du personnel de l’établissement et du réseau... ainsi que mon sujet de chronique! 

C’est finalement un aimable préposé aux bénéficiaires, qui était là dimanche et qui m’a reconnue, qui s’est occupé de moi. Un homme dont l’attitude est aussi chaleureuse que sa voix. Quand il parle avec son adorable accent anglais, il me rappelle le journaliste Dennis Trudeau. 

À mon grand soulagement, la suite de mon expérience à l’hôpital a été aussi charmante que lors de ma première visite. 

Josée, l’infirmière enjouée; Claude, le physio consciencieux; Benoît, le docteur qui prend le temps de regarder ses patients dans les yeux pour leur expliquer les choses, l’adorable dame qui a eu la délicatesse d’éviter de me tacher lors de la pose de mon plâtre. Tous ont été prévenants et affables. On m’a aidée à porter mon sac, à me déshabiller et à me rhabiller. 

Bref, il aura fallu une seule personne désagréable parmi la dizaine de gens qui ont pris soin de moi pour me faire hésiter à rendre hommage à ces travailleurs acharnés qui font un travail exemplaire. 

Ne pas écrire sur ces professionnels qui se dévouent avec bienveillance pour leurs patients aurait été une erreur. 

Ce qui m’amène à me poser une question, encore plus pertinente quand on est journaliste : Ne donnons-nous pas parfois trop d’importance à ce qui ne va pas bien, en occultant tous les petits miracles qui prennent vie à tout moment? 

Puisque je peux difficilement écrire avec mon bras dans le plâtre, je me promets de réfléchir à cette question...