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Registre des armes à feu: Un moratoire réclamé pour les autochtones

Registre des armes à feu: Un moratoire réclamé pour les autochtones
Photo d'archives

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Le chef de la Première Nation Abitibiwinni demande que les Autochtones soient exemptés du registre québécois des armes à feu le temps que le gouvernement y apporte les ajustements nécessaires.

« On est contre le registre des armes à feu, qui ne respecte pas ou qui ne prend pas connaissance de nos réalités autochtones, des gens de ma communauté spécifiquement », affirme le chef David Kistabish. Il demande « un moratoire pour les Autochtones » d’ici à ce que l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL) ait une rencontre « au plus haut niveau » à ce sujet.

Les assouplissements au Service d’immatriculation des armes à feu (SIAF) annoncés en grande pompe cette semaine par le gouvernement Legault ne sont pas suffisants pour les membres de la communauté de Pikogan, en Abitibi-Témiscamingue.

Mode de vie

La loi oblige les propriétaires de carabines et de fusils de chasse non restreints à aviser le SIAF lorsqu’on déplace une arme pendant 15 jours ou plus. Même si la ministre Geneviève Guilbault a promis de rallonger cette période, possiblement à 30 jours, ça ne concorde toujours pas avec les réalités autochtones, plaide le chef Kistabish.

Il précise qu’il y a encore beaucoup de membres de sa communauté qui habitent plus d’un mois sur le territoire autochtone « sans revenir en ville ».

« Les gens exercent la trappe, ils vivent de tous les fruits de la forêt, il y a beaucoup de gens encore qui ont ce mode de vie là, alors ça viendrait compliquer les choses pour ces gens-là, insiste le chef Kistabish. C’est comme s’enregistrer chaque fois qu’on irait dans notre frigidaire. Est-ce que le Québécois va chaque fois s’enregistrer pour aller à la boucherie ou à l’épicerie ? »

En français seulement

Dans un communiqué de presse publié plus tôt cette semaine, l’APNQL s’est dite « extrêmement préoccupée » que l’information destinée aux chasseurs pour l’enregistrement des armes ne soit disponible qu’en français, rappelant que plusieurs Nations utilisent l’anglais ou leurs langues d’origine.

Pas de passe-droit

La ministre de la Sécurité publique ne semble pas ouverte aux traitements de faveur. À son cabinet, on a rappelé que les gens ont jusqu’au 29 janvier pour immatriculer leurs armes à feu. « La loi s’applique pour tous », a soutenu son porte-parole.