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BEEF, obstacles et différences

Une mise en scène inventive et originale

Manon, interprétée par Nathalie Séguin, accepte d’une certaine façon les différences de Michel (Dayne Simard) qui, lui, modifiera son comportement dans l’intention de calmer la tempête et plaire à son nouvel entourage.
Photo courtoisie, Cath Langlois Manon, interprétée par Nathalie Séguin, accepte d’une certaine façon les différences de Michel (Dayne Simard) qui, lui, modifiera son comportement dans l’intention de calmer la tempête et plaire à son nouvel entourage.

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Présentée dans une mise en scène inventive et bien pensée, la pièce de théâtre BEEF expose avec un habile mélange de réalisme et de caricature, les complexités et les difficultés liées à la différence.

À l’affiche jusqu’au 9 février à Premier Acte, la pièce dévoile aussi un jeune auteur avec beaucoup de potentiel.

Avec son premier texte, le comédien Dayne Simard aborde une thématique qui est dans l’air du temps, et il le fait avec une plume fort colorée.

BEEF, c’est l’histoire de Michel, un jeune homme, joué par l’auteur, qui a décidé de s’installer en région pour se lancer dans l’agriculture bio et qui se retrouve dans un monde rustre et primitif.

Il mange du houmous, il n’aime pas la bière, il écrit de la poésie et il n’a pas une carrure imposante. Il devient, parce qu’il manque de masculinité et qu’il est différent, une cible parfaite.

Les efforts qu’il déploie à l’endroit de la serveuse Manon, qui découvre un homme différent de ceux qu’elle connaît, rapportent. Ils tombent en amour et cette liaison fera réagir l’entourage à la puissance 10.

Grossière et mal engueulée, l’explosive mère de Manon, interprétée par Nancy Bernier, n’en croit pas ses yeux. Tout comme le pas très subtil et policier «ex» de la jeune femme. Michel en voit de toutes les couleurs.

Caricatural et «boosté»

BEEF se déroule dans un décor «agricole» avec de la vraie terre, des balles de foin et des lampes suspendues. Ça sent la terre et ça donne lieu à quelques scènes très intéressantes.

La mise en scène d’Anne-Marie Olivier est fort originale. Plusieurs objets utilisés dans un contexte de ferme ont de nouvelles fonctions, comme les tuyaux d’arrosage qui deviennent des distributeurs de bière et d’alcool et des beuglements de vache sont la sonnerie de téléphone.

C’est gros, très caricatural par moments et «boosté» au maximum, afin d’accentuer, avec ironie, l’énorme fossé entre Michel et une population uniforme et fermée.

Dayne Simard, Nathalie Séguin, Nancy

Bernier et Éliot Laprise sont tous excellents, mais David Bouchard mérite quelques étoiles dans son cahier dans le rôle d’un voisin un peu simple d’esprit. Le comédien brille dans la peau d’un jeune homme qui montrera, à ses risques, ce qu’il aimerait être.

En exposant les clichés associés à la masculinité et à la virilité, BEEF expose les difficultés liées à la différence. La pièce est aussi une œuvre fort divertissante, qui fait rire et qui porte à réflexion. Du beau matériel théâtral.