/news/currentevents
Navigation

Tueur en série à Toronto: Bruce McArthur plaide coupable à huit accusations de meurtre

Tueur en série à Toronto: Bruce McArthur plaide coupable à huit accusations de meurtre
Photo courtoisie

Coup d'oeil sur cet article

Le tueur en série Bruce McArthur, qui sévissait dans le quartier gai de Toronto, a finalement plaidé coupable à huit chefs d'accusation de meurtre au premier degré, mardi.

Le paysagiste de 67 ans a donc reconnu qu’il a tué Selim Esen, Andrew Kinsman, Majeed Kayhan, Dean Lisowick, Soroush Mahmudi, Skandaraj Navaratnam, Abdulbasir Faizi et Kirushna Kanagaratnam, entre septembre 2010 et juin 2017.

Planification et trophées

Selon une déclaration commune des faits présentée en cour, McArthur avait minutieusement planifié les meurtres de ses huit victimes, toutes liées à la communauté homosexuelle de Toronto. Plusieurs des victimes ont été agressées sexuellement ou séquestrées avant d'être tuées.

Les huit hommes assassinés par le tueur en série ont ensuite été démembrés et leurs corps ont été cachés sur une propriété où McArthur entreposait ses outils. Des membres ont été camouflés dans des bacs à fleurs, tandis que d'autres parties des corps ont été enterrées dans un ravin adjacent à la propriété.

Par ailleurs, le paysagiste a conservé des trophées volés à ses victimes, incluant un bracelet qui appartenait à Skandaraj Navaratnam, sa première victime, qui avait précédemment été son petit ami et son employé. Un carnet de notes appartenant à Selim Esen et des bijoux de Dean Lisowick ont aussi été retrouvés par les policiers.

Par ailleurs, les enquêteurs ont découvert un sac dans sa chambre à coucher qui contenait, entre autres, des gants chirurgicaux, des attaches de type «tie wrap», du ruban adhésif et des seringues.

  • ÉCOUTEZ l'entrevue avec Marie-Pier Boisvert, directrice générale du Conseil québécois LGBT à l'émission Le retour de Mario Dumont:

Prison à vie

En vertu de son plaidoyer de culpabilité, le meurtrier écopera automatiquement d'une peine de prison à vie pour chacun des homicides. Le juge devra cependant déterminer si celles-ci seront purgées parallèlement ou l'une à la suite de l'autre.

Dans tous les cas, McArthur ne pourra pas déposer une demande de libération conditionnelle avant au moins 25 ans, alors qu'il aurait 92 ans.

Les représentations sur la peine doivent s'amorcer la semaine prochaine. À cette occasion, des proches des victimes devraient témoigner devant le tribunal, tandis que plus de détails sur les crimes du meurtrier pourraient être dévoilés.

Deux personnalités

La propriétaire de la demeure où Bruce McArthur a caché les corps de ses victimes, Karen Fraser, a confié aux médias locaux mardi que le tueur en série semblait avoir deux personnalités, évoquant «Bruce A» et «Bruce B».

Bruce A «aimait son travail, aimait ses clients [...] Il aimait ses enfants, il était un bon grand-père [...] C'était le meilleur ami, voisin, connaissance que quelqu'un pouvait souhaiter», a d'abord expliqué Mme Fraser.

«Bruce B, qui c'est? Je l'ignore [...]. On dit qu'il n'est pas malade mentalement. Pour moi, il est diabolique», a-t-elle poursuivi.

Les proches des victimes tentent toujours de composer avec les crimes commis par McArthur. «Quand on perd quelqu'un dans la communauté, il n'y a pas de retour en arrière. Ce ne sera jamais fini pour les familles», a commenté Haran Vijayanathan, de l'alliance pour la prévention du VIH chez les Sud-Asiatiques, en point de presse devant les médias.

De son côté, le maire de Toronto, John Tory, s'est réjoui du plaidoyer de culpabilité. «J'espère qu'il sera enfermé pour ses crimes haineux et qu'il ne recouvrera jamais la liberté. C'est un monstre qui s'est attaqué à notre ville», a-t-il déclaré dans un communiqué.

Longue enquête

L'arrestation de Bruce McArthur, en janvier 2018, est survenue à la suite d'une série d'enquêtes sur les disparitions de ses victimes. L'homme avait d'abord été accusé de deux meurtres commis au printemps 2017.

L'enquête policière, grandement médiatisée, avait ensuite permis d'identifier les restes d'autres personnes, parfois portées disparues depuis plusieurs années. Le nombre d'accusations de meurtre au premier degré avait augmenté au fur et à mesure de la progression de l'enquête.

La police torontoise a fait l'objet de critiques pour ses enquêtes, certains commentateurs estimant qu'elle n'avait pas pris suffisamment au sérieux les disparitions. Une enquête indépendante a été ouverte pour évaluer le travail des policiers dans ce dossier.