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La magie opère avec Coriolan

Robert Lepage revisite William Shakespeare

Une scène de Coriolan, une pièce datant de 1607 adaptée de main de maître par Robert Lepage.
Photo courtoisie, Yves Renaud Une scène de Coriolan, une pièce datant de 1607 adaptée de main de maître par Robert Lepage.

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Les amateurs d’images, de projections et d’originalité seront bien servis par la création Coriolan, de Robert Lepage, présentement à l’affiche au TNM. Manipulant de manière aussi habile que surprenante sa trame théâtrale, celle-ci permet de transposer des personnages shakespeariens de la Rome antique à celui des temps modernes.

On peut dire que la magie opère sur la scène du TNM. Reconnu pour son grand talent de metteur en scène, Robert Lepage est à la hauteur de sa réputation dans son adaptation de Coriolan. Ici, la mouture de Lepage et de son équipe de treize techniciens n’a que peu à voir avec l’œuvre créée en 1607.

La pièce qui est censée se situer dans la Rome antique, environ 500 ans av. J.-C., nous fait voyager d’une époque à l’autre. Si on voit des hommes discuter dans un bain public à Rome, tantôt nous serons à l’ère des textos, des ordinateurs et des informations télévisées. La pièce s’amorcera d’ailleurs dans un studio de radio sous une joute verbale avec un intervieweur. Même les armes à feu, inventées beaucoup plus tard, serviront à tuer le héros de la pièce.

Sombre et lumineux

Ceux qui connaissent cette pièce de Shakespeare savent qu’elle est campée dans un univers sombre, où la haine, la violence et les bains de sang règnent. Le personnage central, un guerrier romain vaniteux, Caius Martius, incarné par Alexandre Goyette avec crédibilité, deviendra un héros de guerre après son triomphe contre les Volsques, ennemis des Romains, et sera nommé Coriolan. Mais la famine, les émeutes et la colère du peuple auront raison de Coriolan qui sera banni des siens.

Heureusement, toute cette noirceur sera illuminée par le jeu flamboyant et exubérant d’Anne-Marie Cadieux qui personnifiera Voluminia, la mère de Coriolan, une interprétation qui ressort nettement de ceux des 17 comédiens de la distribution.

Ce qui rend cette version de Coriolan si originale, ce sont définitivement toutes les prouesses technologiques. Outre les projections vidéo, on se démarque avec de gros plans qui encadreront un personnage pour se conclure par une image fondue pour ensuite s’ouvrir sur une autre scène permettant de multiplier les tableaux et les différents lieux. C’est magnifique !

Bien que tous les artifices qu’offre la mise en scène de Lepage parviennent à nous faire oublier que la pièce, qui s’étend sur trois heures, est relativement longue. En revanche, les jeux de projections ne suffisent pas à masquer l’essentiel du message.


Coriolan, à l’affiche au TNM jusqu’au 18 février.