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Fraude de CV: une commission d’enquête en informatique exigée

Le ministre Éric Caire refuse de commenter le dossier

Les partis d’opposition ont mis au défi le ministre Éric Caire de respecter sa promesse et de tenir une commission d’enquête publique sur les contrats informatiques. En caucus présessionnel, mardi, il a refusé de commenter.  
Photo d’archives, Simon Clark Les partis d’opposition ont mis au défi le ministre Éric Caire de respecter sa promesse et de tenir une commission d’enquête publique sur les contrats informatiques. En caucus présessionnel, mardi, il a refusé de commenter.  

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Experts, oppositions et syndicats réclament une commission d’enquête publique sur l’informatique après les dernières révélations du Bureau d’enquête sur la culture de fraude de CV qui sévit dans les firmes spécialisées. Une violation de la loi peu ou pas réprimée.

«Ce qu’on a lu dans Le Journal, c’est la pointe de l’iceberg. C’est une question de culture», a affirmé à QUB radio le spécialiste en sécurité informatique Michel Cusin, qui espère la tenue d’une commission d’enquête publique.

Notre Bureau d’enquête révélait mardi que des entreprises informatiques, notamment en sécurité informatique, trafiquent couramment les curriculum vitae de leurs employés afin d’obtenir de lucratifs contrats du gouvernement.

Réclamée

Après avoir réclamé une commission d’enquête sur le sujet lorsqu’il était dans l’opposition, le ministre délégué à la Transformation numérique gouvernementale, Éric Caire, a promis de faire le ménage lui-même. Mardi, il a refusé de commenter le dossier.

Étonné de l’ampleur de la fraude révélée par notre Bureau d’enquête, le porte-parole de l’opposition officielle pour le Conseil du trésor, Gaétan Barrette, croit qu’Éric Caire doit agir maintenant qu’il est au pouvoir.

«Vous l’avez réclamée. Donc, c’est normal pour la population de s’attendre à ce que vous le fassiez. Pas juste nous, au Parti libéral. [...] Un électeur caquiste qui a peut-être voté pour ça uniquement», a affirmé M. Barrette, lançant ensuite une flèche à son adversaire.

«Vous avez un passé qui vous suit, vous-même, ayant fait l’objet d’un curriculum vitae inexact. Qu’allez-vous faire?»

Le député du Parti québécois Martin Ouellet estime que tenter d’obtenir des contrats en truquant des informations à son avantage constitue de la fraude.

«Qu’attend-il [Éric Caire] pour lancer une commission d’enquête et mettre fin à ce bordel informatique créé par des firmes incompétentes?»

Peu de sanctions

Le président général du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ), Christian Daigle, croit aussi qu’une enquête publique est «nécessaire».

Selon des documents obtenus par le SFPQ et consultés par notre Bureau d’enquête, le gouvernement n’a pratiquement pas sanctionné les firmes qui n’ont pas respecté leur contrat.

Seuls quelques milliers de dollars de pénalité ont été réclamés sur les milliards déboursés par l’État entre 2009 et 2016.

«Si la compagnie se fait prendre, c’est une petite tape sur les doigts», peste M. Daigle.

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