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L’interdiction des signes religieux ne s’appliquera pas aux écoles privées subventionnées, historiquement confessionnelles, dit François Legault

Le premier ministre du Québec, François Legault
Photo d'archives, Simon Clark Le premier ministre du Québec, François Legault

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GATINEAU | L’interdiction des signes religieux ne s’appliquera pas aux écoles privées subventionnées, dont plusieurs ont un passé confessionnel, a affirmé François Legault.

«On sait que dans les écoles privées, il y a une contribution des parents. Dans certaines écoles privées, quand on regarde la petite histoire, elles ont été gérées par des religieuses par exemple, ou différents groupes proches de certaines religions», a expliqué le premier ministre mercredi à l’entrée du caucus présessionnel de la CAQ à Gatineau.

Même si François Legault veut interdire le port de signe religieux pour les enseignants du primaire et du secondaire, il n’a pas l’intention de porter cet interdit aux profs qui enseignent à des dizaines de milliers d’enfants du réseau privé, dont la subvention est égale à environ 60 % de celle versée aux écoles du secteur public.

«Ce n’est pas notre intention d’inclure les écoles privées. On a délimité un carré de sable. Est-ce qu’on aurait dû les inclure, c’est discutable, mais on a fait le choix de ne pas les inclure», a-t-il expliqué. Il estime qu’il préfère y aller à petits pas puisque sa loi «ne passera pas comme une lettre à la poste».

Le projet de loi sur la laïcité de l’État de la CAQ sera déposé «bientôt», au tout début de la session parlementaire. M. Legault se dit toujours prêt à utiliser la clause dérogatoire en cas de besoin. Il a averti les autres formations politiques qu’il ne cherchera pas le compromis à tout prix. «Si possible, j’aimerais avoir l’appui d’autres partis, mais si ce n’est pas le cas, on va adopter le projet de loi de toute façon», a-t-il souligné.

Clause grand-père

Il reste toutefois un détail à régler : est-ce que le gouvernement Legault inclura une clause grand-père dans sa loi pour permettre aux employés actuels visés par la loi – les enseignants, juges, gardiens de prison et policiers – d’échapper à cette restriction.

«Il y a des arguments pour et des arguments contre. Moi, a priori, congédier quelqu’un, ce n’est pas avec plaisir que je ferais ça. Mais la clause grand-père prévoit des règles différentes selon la date d’embauche. On va écouter le caucus», a dit le premier ministre. 

Briser des rêves

Certains élus se sont déjà prononcés. La députée d’Iberville Claire Samson ne veut pas d’exceptions, même si cela peut briser des rêves. «Dites-vous que chaque fois que quelqu’un fait une loi, il y a un rêve quelque part qui est brisé. C’est sûr que c’est difficile d’avoir l’unanimité. Il faut y aller pour le bien général de la population», a-t-elle indiqué.

Le ministre des Forêts Pierre Dufour est lui aussi méfiant à l’endroit d’une clause grand-père, il faut «faire très attention avec ça». Le ministre de l’Économie Pierre Fitzgibbon était plus nuancé. «Il y a des contextes où c’est important, en économie et en affaires, mais on ne peut pas l’appliquer à toutes les sauces», a-t-il dit.

Racistes

M. Legault a toutefois rappelé qu’avec son projet de loi, la CAQ faisait déjà un «compromis», et n’imposait pas une laïcité ferme comme en France. «On ne demande pas aux gens dans la rue de ne pas porter de signes religieux. Je comprends que certaines personnes sont racistes. Elles souhaiteraient interdire tous les signes religieux au Québec. Ce n’est pas notre cas. On a choisi un compromis, beaucoup plus simple que ce qui se fait en France», a dit le premier ministre.

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