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Ritalin: des parents dénoncent la pression provenant du réseau scolaire

Ritalin: des parents dénoncent la pression provenant du réseau scolaire
Photo d’archives

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Des parents dénoncent la pression exercée dans le réseau scolaire afin que leur enfant ait recours à la médication.

Le Journal a reçu plusieurs témoignages de parents, à la suite de la publication d'une lettre ouverte signée par une cinquantaine de pédiatres qui déplorent le recours trop facile aux médicaments pour traiter des symptômes s'apparentant au trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) chez les petits Québécois.

Mary Antico, mère de deux garçons qui ont des besoins particuliers, affirme qu'elle a subi des «pressions immenses» de la part de la direction pour que son fils prenne des médicaments, alors qu'il était en sixième année.

«La directrice adjointe m'a fait venir dans mon bureau et elle a carrément diagnostiqué mon enfant devant mes yeux. Elle a dit « Votre fils, c'est sûr qu'il a un TDAH, il a une déficience de dopamine. Ça prend absolument des médicaments ». Elle m'a dit qu'elle voulait que ça se fasse rapidement, parce que sinon, la prochaine étape, ce serait un signalement (auprès du Directeur de la protection de la jeunesse)», raconte Mme Antico.

Cette dernière, qui avait déjà entamé des démarches pour faire évaluer son fils, a «très mal réagi à cette menace», poursuit-elle.

Par la suite, une évaluation auprès d'un neuropsychologue au privé a permis de conclure que son fils avait un TDAH léger, qui ne nécessite pas de médication, et une dysorthographie, indique sa mère. Ce deuxième diagnostic a permis d'obtenir des services supplémentaires à l'école pour aider son fils.

Manque de ressources

Mme Antico tient toutefois à préciser qu'elle ne blâme pas les enseignants ni même les directions d'école. «Ils font face à une situation où les enseignants sont épuisés, ils n'ont pas les services nécessaires pour aider les enfants, ils sont dépourvus de moyens. C'est sûr qu'ils vont mettre de la pression sur les parents», affirme-t-elle.

À la Fédération québécoise des directions d'établissement d'enseignement, son vice-président Nicolas Prévost affirme au contraire qu'«il n'y a pas de pression» de la part de ses membres concernant «la prise de médicaments».

«Nous, on fait des constats. On ramasse toute l'information pertinente avec l'équipe-école, on soumet les constats aux parents et on leur laisse le libre-choix», dit-il.

De son côté, le président de l'Association québécoise du personnel de direction des écoles (AQPDE), Carl Ouellet, admet plutôt que de telles situations existent.

«Il ne faudrait pas que ça arrive, on n'est pas des spécialistes de la santé. Mais je ne peux pas dire que ça n'arrive pas», laisse-t-il tomber.

Le manque de ressources pourrait en effet faire partie des pistes d'explications, ajoute-t-il.

Tout comme les pédiatres qui ont sonné l'alarme publiquement, l'AQPDE estime que la société québécoise est dûe pour un examen de conscience à ce sujet.

«La préoccupation des médecins, on la partage, lance M. Ouellet. Ce n'est pas normal que la consommation de médicaments chez les jeunes soit aussi élevée au Québec, comparé au reste du Canada».