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Valeurs mobilières Desjardins: ces courtiers congédiés injustement

Carol Jean
Photo d'archives, Stéphanie Gendron Carol Jean
Courtier congédié

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RIVIÈRE-DU-LOUP | Valeurs mobilières Desjardins a échoué dans sa tentative de contester une décision du tribunal qui l’oblige à verser 1 M$ à deux anciens employés qu’elle avait congédiés dans une affaire de compte dans des paradis fiscaux. 

Carol Jean et Benoit Leclerc, deux conseillers en placements de Rivière-du-Loup, avaient été mis à la porte en 2011, en même temps que sept autres employés ailleurs au Québec, pour les mêmes raisons. 

Valeurs mobilières Desjardins (VMD) leur reprochait d’avoir détenu un compte aux Bahamas pour un client, qui n’était pas un résident canadien. Ils avaient empoché 7500 $ chacun en commissions. 

Jean et Leclerc ont vu leurs réputations être salies et se sont fait traiter de «bandits» par d’anciens clients, après avoir été congédiés. 

En 2016, un juge de la Cour supérieure a déterminé que les congédiements étaient sans motif sérieux. Trois juges de la Cour d’appel sont allés unanimement dans le même sens il y a quelques jours. 

«Tout ce qu’on dit depuis le début, les juges disent que c’est exactement ce qui s’est passé. L’important, c’était de rétablir notre réputation et notre crédibilité et que ce qu’on avait fait ne méritait pas un congédiement», commente Carol Jean. 

VMD savait 

Le tribunal avait tranché que c’est VMD «qui a placé ses courtiers dans une position à risque [...] par ses règlements, son mutisme et sa politique de l’autruche», avait conclu le juge Robert Legris en 2016. Il avait retenu que Valeurs mobilières Desjardins avait fait le choix de fermer les yeux sur la pratique jadis répandue des comptes «offshore». 

«Dans notre cas à nous, le fait que c’était un non-résident canadien, c’était tout à fait légitime. Il n’y avait pas d’évasion fiscale», précise Carol Jean. 

VMD doit payer 1 M$ aux deux courtiers, dont plus de 800 000 $ à Carol Jean, pour salaire et clientèle perdus.