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Un «Songe d’une nuit d’été» qui laisse perplexe

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MONTRÉAL - Le Théâtre du Trident et la troupe FLIP Fabrique ont uni leurs forces pour revisiter en théâtre, cirque, danse et musique «Le songe d’une nuit d’été», de Shakespeare. En résulte un spectacle fourre-tout qui laisse... songeur.

Cet audacieux «Songe d’une nuit d’été» avait d’abord été présenté à Québec, au Théâtre Le Trident, au début 2017.

À Montréal, c’est à la TOHU que les troupes ont élu domicile. Une salle peut-être mal choisie pour cette production qui flirte souvent davantage avec le théâtre expérimental qu’avec l’art circassien brut.

Outre les pirouettes, contorsions au mât chinois et sauts vertigineux sur une longue trampoline rectangulaire, la proportion qu’occupent les acrobaties dans cette prestation de 120 minutes (sans entracte) est plutôt mince et se perd un peu entre les costauds dialogues et les numéros de danse.

Ode au désir

En revanche, on appréciera si on est fervent de scènes grandiloquentes, de personnages flamboyants interprétés avec démesure, d’absurdité et de romances un brin tordues.

«Le songe d’une nuit d’été» reprend les chassés-croisés amoureux et autres éléments de l’histoire de William Shakespeare : Lysandre et Hermia qui se consument l’un pour l’autre, comme Démétrius et Héléna, le lutin Puck qui saoulera tout ce beau monde de son malicieux philtre d’amour, les quiproquos qui en découleront, et la troupe de comédiens amateurs – ici bien contemporaine – dont la quête s’amalgame à celle du récit principal.

Sous nos yeux, un voile sert de référence temporelle, se mouvant au gré des émotions des protagonistes.

Décrite par son metteur en scène, Olivier Normand, comme une «ode au désir», à cette obsession de l’autre qui peut nous hanter pendant des jours et des semaines, la pièce ne dégage pourtant pas cette chaleur que génère généralement la passion. Il faudra peut-être attendre un prochain mariage du Trident et de FLIP Fabrique ou une adaptation d’un autre classique de Shakespeare pour ressentir l’effet des papillons dans l’estomac.

«Le songe d’une nuit d’été» est présenté à la TOHU jusqu’au 10 février. Une tournée canadienne est prévue par la suite.