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La première Memphis: pas celle d’Elvis!

Ces hommes devant une des entrées de la nécropole de Saqqarah m’ont laissé les photographier. Au cours d’un précédent voyage, j’ai eu moins de chance. Les gens devant l’entrée m’ont lancé une pluie de cailloux.
Photo courtoisie, Gilles Proulx Ces hommes devant une des entrées de la nécropole de Saqqarah m’ont laissé les photographier. Au cours d’un précédent voyage, j’ai eu moins de chance. Les gens devant l’entrée m’ont lancé une pluie de cailloux.

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La manie des Américains de donner à leurs villes des noms de l’Égypte antique ou de la Grèce ancienne engendre souvent des malentendus, surtout avec Memphis. Dans le Nouveau Monde, c’est la ville d’Elvis, de BB King et de Johnny Cash ! Dans l’Ancien Monde, c’est la toute première ville impériale de l’Égypte, fondée vers l’an 3000 avant Jésus-Christ ! Difficile de trouver un plus grand contraste entre deux municipalités du même nom !

Près de Saqqarah, ces magnifiques chevaux chômaient, faute de touristes à porter.
Photo courtoisie, Gilles Proulx
Près de Saqqarah, ces magnifiques chevaux chômaient, faute de touristes à porter.

Désormais en banlieue du Caire (qui ne cesse de prendre de l’expansion avec l’explosion de sa population), l’ancienne capitale de la Basse-Égypte demeure un lieu intéressant à visiter, même si beaucoup de touristes s’en détournent au profit des seules pyramides de Gizeh.

Mon expérience me fait associer Memphis à son trafic infernal. Ses rues encombrées et klaxonnantes souffrent d’embouteillages permanents. Ici et là des chameaux se mêlent aux voitures et aux camions.

Cette statue de Ramsès est si bien préservée que les autorités archéologiques l’ont recouverte d’un toit pour la protéger… tandis que des milliers de statues de Ramsès en plus piteux état sont laissées à l’abandon de par le pays.
Photo courtoisie, Gilles Proulx
Cette statue de Ramsès est si bien préservée que les autorités archéologiques l’ont recouverte d’un toit pour la protéger… tandis que des milliers de statues de Ramsès en plus piteux état sont laissées à l’abandon de par le pays.

Obsession de la mort

On parle souvent de Memphis comme de la ville des morts parce que la gigantesque nécropole de Saqqarah y loge un nombre incalculable de défunts de royale ou modeste condition. C’est vraiment une ville pour les morts. Hélas ! Les pillards ont depuis longtemps dévasté ces galeries. À côté de Saqqarah s’érige la pyramide de Djoser, plus petite que ses plus célèbres consœurs, mais c’est elle qui a pour ainsi dire « lancé la mode ». Ce Djoser est le premier à se faire bâtir un mausolée pyramidal... et ses successeurs l’imiteront en essayant de toujours faire plus gros que le précédent.

Le trafic de Memphis est infernal.
Photo courtoisie, Gilles Proulx
Le trafic de Memphis est infernal.

Un peu partout s’affairent de jeunes archéologues originaires du monde entier pour fouiller les sables qui regorgent d’artefacts. On n’a probablement même pas redécouvert le centième des merveilles qui gisent oubliées dans les sables ! Voilà ce que me racontaient de sympathiques étudiants de l’Université de Montréal en archéologie qui m’ont reconnu et sont venus me parler de leurs recherches dans ce paradis pour leur profession.