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Le bilan de vie de William Larose

Le classique de Marcel Dubé, écrit à la fin des années 60, résonne encore très fort aujourd’hui

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Sylvie Léonard était toute petite lorsqu’elle a eu envie de faire du théâtre. Un désir qui s’est pointé en regardant des œuvres de Marcel Dubé à la télé. Quarante années plus tard, elle joue pour la première fois dans une création de ce dramaturge considéré comme un des pères du théâtre québécois.

« C’est un souvenir qui est très fort », a lancé la comédienne, qui s’est ensuite inscrite, au début des années 70, à l’option théâtre au Cégep de Saint-Hyacinthe.

Cette première connexion avec le théâtre est un des éléments qui a amené Sylvie Léonard à accepter l’offre du metteur en scène Benoît Vermeulen pour interpréter le rôle de Margot dans la pièce Bilan.

Après avoir été présentée au Théâtre du Nouveau Monde en novembre et décembre 2018, Bilan, qui est actuellement en tournée, sera présentée le 5 février à la Salle Albert-Rousseau.

En plus de jouer du Dubé, Sylvie Léonard avait envie de travailler à nouveau avec Guy Jodoin, avec Benoît Vermeulen et de jouer au Théâtre du Nouveau Monde, un endroit qu’elle adore.

« C’est aussi un honneur, pour moi, de rendre hommage à Janine Sutto, pour qui le rôle de Margot avait été écrit, lors de la création de la pièce en 1968. »

Bilan raconte l’histoire de William Larose, interprété par Guy Jodoin, qui a fait fortune dans la construction et les affaires, et qui souhaite se lancer en politique. Ce qui serait, pour lui, la consécration suprême. Il va toutefois constater, en raison d’événements familiaux, qu’il a raté sa vie.

« C’est le bilan de la vie de cet homme, qui a 50 ans, dans le contexte social et politique des années 60 », a mentionné Sylvie Léonard.

Une cage dorée

La pièce se déroule au moment où Jean Lesage, considéré comme étant l’initiateur de la Révolution tranquille, devient premier ministre, mettant un terme aux années de « Grande Noirceur » de Duplessis.

« C’est une période d’espoir où le Québec commençait à s’ouvrir. J’étais petite à cette époque, mais j’étais consciente du changement qui s’opérait », a fait remarquer la comédienne.

Son personnage est l’archétype des femmes de cette époque. Une femme qui s’est mariée très jeune, qui est dépendante de son conjoint et qui réalise qu’elle a fait les mauvais choix.

« Margot s’est mariée à un gagnant et avec quelqu’un qui était pour lui apporter une belle vie. L’aspect financier était très important à cette époque. Ces femmes se sont rapidement rendu compte, toutefois, que c’était une cage dorée. Elles n’avaient pas de pouvoir, pas d’émancipation et pas de projets de vie personnels. Margot a une détresse, mais il est trop tard. Il n’y a pas d’avenir », a-t-elle indiqué.

Sylvie Léonard précise que Bilan, qui a été écrite à la fin des années 60, a encore une forte résonance en 2019.

« C’est hallucinant comment le discours politique de l’époque a des similitudes avec ce qu’on entend aujourd’hui. On peut entendre beaucoup de politiciens à travers le discours de William Larose. Comme si certaines choses n’avaient pas changé », a-t-elle fait remarquer.

Bilan est présentée le 5 février à la Salle Albert-Rousseau. La pièce sera aussi jouée le 7 février à la Salle Desjardins-Telus, à Rimouski.