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Le tueur pourrait avoir frappé 12 fois

L’homme de main de la mafia montréalaise traqué par la police aurait aussi fait des victimes en Ontario

Le tueur à gages recherché Frédérick Silva (en mortaise).
Photos courtoisie et d'archives, Agence QMI Le tueur à gages recherché Frédérick Silva (en mortaise).

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Le tueur à gages Frédérick Silva pourrait avoir exécuté jusqu’à une douzaine de contrats de meurtre pour le crime organisé, dont la majorité au Québec et quelques-uns en Ontario.

C’est ce que tend à démontrer l’enquête menée sur ce présumé assassin recherché depuis 18 mois et dont la capture est maintenant une priorité de la police de Montréal (SPVM), comme le rapportait Le Journal et son Bureau d’enquête hier.

Le SPVM en est venu à cette estimation en analysant les similitudes dans plusieurs dossiers d’homicides liés à la mafia ou aux Hells Angels, au cours des dernières années.

Aussi à Toronto

La police n’a pas limité son examen au Québec puisque trois ou quatre meurtres commis dans la grande région de Toronto pourraient aussi lui être attribués, selon nos informations.

Cette traque policière prend des allures de course contre la montre afin de retrouver Silva vivant.

Sébastien Beauchamps, que l’on voit à la droite sur cette photo prise en compagnie du Hells Angel David Lefebvre, est la dernière victime alléguée du tueur à gages Frédérick Silva.
Photo d’archives
Sébastien Beauchamps, que l’on voit à la droite sur cette photo prise en compagnie du Hells Angel David Lefebvre, est la dernière victime alléguée du tueur à gages Frédérick Silva.

On craint que celui qui aurait profité de la protection et de l’aide financière du clan Rizzuto soit maintenant « brûlé ». Puisqu’il pourrait devenir un témoin gênant pour ses employeurs, on ne peut exclure que la mafia ou les motards tentent de le retrouver avant la police pour le réduire au silence.

« Des gens qui lui ont donné des contrats doivent maintenant être inquiets », a expliqué sur les ondes de LCN l’ex-enquêteur de la SQ, Jean-François Brochu, laissant entendre que Silva pourrait dénoncer ses employeurs en devenant délateur si la police parvient à l’épingler.

Un danger

« Il est devenu un danger et ne peut pas faire confiance à beaucoup de monde. Il est également dangereux pour les policiers qui vont tenter de l’arrêter », a ajouté M. Brochu, qui a dirigé l’enquête ayant permis d’incarcérer le tueur à gages Gérald Gallant pour 28 meurtres en 2006.

Au Québec, plusieurs tueurs à gages ont préféré collaborer avec la police en avouant leurs crimes, tout en incriminant les commanditaires et complices de leurs meurtres, afin d’avoir la vie sauve.

C’est notamment le cas de Gallant, qui a aussi fait condamner 11 personnes, de l’ancien Hells Angel Yves Trudeau (impliqué dans 43 meurtres), de Donald Lavoie (27 meurtres pour le clan Dubois) et du tueur de la mafia Réal Simard (cinq meurtres).

Il se savait traqué

Les enquêteurs sont en mesure de relier Frédérick Silva à au moins trois homicides, dont deux commis alors qu’il se savait étiqueté parmi les dix criminels les plus recherchés au Québec depuis juin 2017.

Le 20 décembre dernier, une caméra de surveillance l’a filmé alors qu’il tirait sur l’ex-motard Sébastien Beauchamps, abattu près d’une station-service de Saint-Léonard.

Silva serait aussi celui qui a liquidé Alessandro Vinci dans les bureaux du concessionnaire automobile duquel celui-ci était gérant à Laval, le 11 octobre 2018.

Le suspect de 38 ans est déjà accusé du meurtre d’un client du bar de danseuses Les Amazones, Daniel Armando Somoza Guildea, tué après une dispute le 24 mai 2017 à Montréal.

Silva, qui utilise des noms d’emprunt et change souvent son apparence physique pour échapper aux policiers, est également inculpé de tentative de meurtre sur le caïd mafieux Salvatore Scoppa à Terrebonne, en février 2017.